Maurice Barrès (19 août 1862 – 4 décembre 1923)

Maurice Barrès
Portrait de Maurice Barrès.

– Comme Henri fut raisonnable de ne pas céder à Bouteiller qui voulait le faire entrer à Saint-Cyr ! s’écria Sturel.

Par ce mot, il commença la conquête de Mme Gallant qui, sur un renseignement de son petit-fils, le croyait irréligieux. Ce soir-là, envahi par une paix profonde, Sturel comprenait les harmonies de cette prairie, de ce ciel doux, de ces paysans, de son ami, de cette aïeule attentive à surveiller un étranger. Il les effleurait tous d’une pensée, il recevait de chacun une impression, et il regrettait d’avoir distrait sa mère de leur milieu naturel pour se perdre avec elle dans le tumulte aride de Paris. S’il avait pu, dans cette minute, rendre intelligible son état, Mme Gallant de Saint-Phlin se fût écriée : « Mais voilà ce que j’appelle la religion ! »

– Ce qu’il y a de puissant ici disait Sturel, c’est que l’on sent les siècles, la continuité de volonté qu’il a fallu pour créer ce paysage. Il est fait de cette vieille maison, belle parce que ses greniers, ses écuries, sa ferme sont parfaitement appropriés ; de cette prairie où paissent ces vaches ; de ces fleurs dans le verger où bourdonnent les abeilles ; de la marche lasse et satisfaite des serviteurs qui reviennent des champs ; le silence qui l’enveloppe éveille des idées de contentement et de repos, non d’isolement et de crainte ; mais surtout, c’est un domaine patrimonial : on y jouit, comme d’une beauté sensible, des habitudes accumulées.

– Ah ! s’écria Saint-Phlin, j’attendais de toi cette remarque. Des habitudes accumulées ! Comprends-tu maintenant que je ne puisse pas vivre à Paris ?

– Monsieur Sturel, ce grand garçon refuse de se marier ! Ah ! Si vous vouliez le convaincre !

Saint-Phlin embrassa le front de sa grand’mère et lui affirma qu’elle devait rentrer à cause de la fraicheur. Tout au plaisir de tenir chez soi son ami, il ne pouvait pas rester en place. Mme Gallant, à la manière lorraine, mêlait des railleries à son admiration pour cette surabondance de vie.

Extrait de L’Appel au Soldat de Maurice Barrès, 1900.

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Bataille de Montiel (14 mars 1369)

 

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La bataille de Montiel est une célèbre bataille de la Guerre de Cent Ans. Elle s’est déroulé le 14 mars 1369 sous les remparts du château de l’Etoile. La bataille de Montiel mit fin à la première guerre civile de Castille.

Le roi de France Charles V envoie le seigneur breton Bertrand Du Guesclin en Espagne pour aider à nouveau Henri de Transtamare à reprendre la couronne de Castille à son demi-frère, Pierre le Cruel.

Pierre le Cruel s’est allié avec les Anglais, les arabes et les Juifs. Bertrand Du Guesclin à qui le commandement des troupes a été sagement remis, prépare scrupuleusement l’attaque et ordonne qu’aucun quartier ne soit fait. Les forces de Pierre le Cruel sont nettement supérieures en nombre mais manquant d’unité, sont littéralement massacrées.

Le chef de guerre breton remporte une victoire sanglante (la plus meurtrière de sa carrière selon Georges Minois) et se venge de la défaite de Najera (1367) qui l’avait vu tomber aux mains des Anglais du Prince Noir.

Quelques jours après la bataille de Montiel, Pierre le Cruel fut tué dans une rixe. Henri de Transtamare prit alors la couronne de Castille et régna sous le nom d’Henri II.

A la fin du XV ème siècle, la Chronique de Flandres nous apprend « comment le roy henry d’espaigne occist son frere le roy dom pietre de sa main ».

Jean Froissart dans ses Chroniques, évoque lui aussi la bataille de Montiel, à laquelle il consacre quelques pages, sous le titre : « cy parle de la bataille qui fut empres mentueil en espaigne entre les deux roys henry et dampietre », et plus loin il évoque la mise à mort du roi de Castille : « comment le roy dam pietre fut pris et mis à mort et le roy henri demoura roy de castelle et la fourme d’aucunes lettres touchans le roy de france et le roy d’angleterre et le conseil que les prelas donnerent au roy charles de faire guerre… « .

Jacques-Bénigne Bossuet (1627 – 1704)

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Natif de Dijon, cet homme d’église, évêque de Meaux, prédicateur et écrivain catholique français, surnommé l’Aigle de Meaux, est considéré comme l’un des plus grands génies et l’un des plus grands orateurs que le monde ait connu.

« Tout le but de l’homme est d’être heureux. Les natures intelligentes n’ont de volonté ni de désir que pour leur félicité. Rien de plus raisonnable, car qu’y a-t-il de meilleur que de souhaiter le bien, c’est à dire la félicité ? Mettre le bonheur où il est, c’est la source de tout bien ; et la source de tout mal est de le mettre où il ne faut pas. »

« Où il n’y a point de maître, tout le monde est maître ; où tout le monde est maître, tout le monde est esclave. »

« Le bon usage de la liberté quand il se tourne en habitude, s’appelle vertu ; et le mauvais usage de la liberté quand il se tourne en habitude s’appelle vice. »

« Les biens que Dieu promet sont plus assurés que tous ceux que le monde donne. »

« La sagesse humaine apprend beaucoup, si elle apprend à se taire. »

« Dieu veut que nous vivions au milieu du temps dans l’attente perpétuelle de l’éternité. »

« Dieu se réserve à lui seul les choses d’en haut ; il partage avec vous les choses d’en bas. »

« Pendant que l’âme demande une chose, le plaisir en exige une autre ; ainsi l’âme, devenue captive du plaisir, devient en même temps ennemi de la raison. »

“C’était le plus grand de tous les crimes : crime jusqu’alors inouï, c’est-à-dire le déicide, qui aussi a donné lieu à une vengeance dont le monde n’avait vu encore aucun exemple… Les ruines de Jérusalem encore toutes fumantes du feu de la colère divine […]. Ô redoutable fureur de Dieu, qui anéantis tout ce que tu frappes ! […] Ce n’était pas seulement les habitants de Jérusalem, c’était tous les juifs que vous vouliez châtier (au moment où l’empereur Titus a mis le siège devant la ville, les juifs s’y trouvaient en foule pour célébrer la Pâques). […] Cependant l’endurcissement des juifs, voulu par Dieu, les fit tellement opiniâtres, qu’après tant de désastres il fallut encore prendre leur ville de force […]. Il fallait à la justice divine un nombre infini de victimes ; elle voulait voir onze cent mille hommes couchés sur la place […] et après cela encore, poursuivant les restes de cette nation déloyale, il les a dispersés par toute la terre.”

Citations de Jacques-Bénigne Bossuet.

Bataille de Bautzen (20-21 mai 1813)

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« Au canon vous autres ! »

Cette bataille Napoléonienne méconnue s’inscrit dans la campagne d’Allemagne (1813) et s’est déroulée le 20 et 21 mai 1813 sur les rives de la Sprée, près de Bautzen, ville allemande située dans l’actuel land de Saxe, non loin de la frontière tchèque.

La bataille de Bautzen est également connue sous le nom de « bataille de Wurschen ». Elle a opposé les troupes russo-prussiennes dirigées par Wittgenstein (environ 100 000 hommes) à l’armée française de Napoléon Ier complétée par des troupes de Saxe, de Hesse, de Wurtemberg, de Bade ainsi que du royaume d’Italie (environ 180 000 hommes).

Le 20 mai, les français, emmenés par Oudinot, franchissent la Sprée par le sud près de Singwitz, par le centre près de Bautzen emmenés par MacDonald et par le nord près de Nieder Gurig emmenés par Bertrand. Le maréchal Ney est lui envoyé par Napoléon Ier pour contourner l’ennemi par son aile droite à Klix, tout en lançant un assaut frontal.

Au bout de deux jours de combats acharnés (dont une charge trop tardive de Ney) les pertes se chiffrent et s’équilibrent à environ 20 000 hommes dans chaque camp.

Finalement, Wittgenstein, dont les effectifs sont trop faibles pour lutter victorieusement, préfère opter pour une retraite en bon ordre. Les Français ne poursuivent les russo-prussiens qu’incomplètement. Quelques jours plus tard, un armistice est signé débouchant sur une trêve de sept semaines.

132 ans plus tard, une bataille opposera exactement sur le même terrain les troupes de l’Armée Rouge (renforcée de divisions polonaises) à celles du IIIème Reich.

Pépin le Bref (715 – 768)

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Chronique des temps carolingiens.

Pépin le Bref est le fils cadet de Charles Martel et le père de Charlemagne. Devenu maire du Palais à l’âge de 26 ans, il est ensuite couronné roi des Francs en 751. C’est le premier monarque de la dynastie dite des Carolingiens.

À l’instar des démocraties occidentales actuelles, la dynastie mérovingienne était entrée dans une phase de décadence. Les rois mérovingiens légitimes n’avaient plus aucune autorité sur leur royaume. De son côté, la prestigieuse fonction de Maire du Palais était exercée par des hommes forts tels que Charles Martel. Aussi ces derniers prirent petit à petit le dessus sur l’autorité mérovingiennes. C’est cette lignée d’aristocrates Maires du palais qui s’empara peu à peu du pouvoir au détriment des mérovingiens et c’est Pépin le Bref qui concrétisa la transition.

Pépin le Bref avait un frère, Carloman, avec qui il régnait sur le royaume francs : Pépin le Bref gouvernait la Neustrie et Carloman l’Austrasie. Jusqu’au jour où Carloman décida de  se retirer au monastère de Mont-Cassin pour devenir moine. Alors Pépin le Bref, avec l’accord du pape, débouta définitivement le dernier roi mérovingien Childéric III (751) et régna seul sur l’ensemble du royaume franc. C’était le début de la dynastie des carolingiens.

Pépin le Bref, dont le surnom « le bref » provenait de sa petite taille, se maria avec Bertrade de Laon (dite Berthe au grand pied). À sa mort, Pépin le Bref fut inumé en la basilique Saint-Denis comme le voulait la coutume. Son fils Charlemagne lui succéda à la tête du royaume.

Proclamation de Parthenay (11 mai 1793)

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De gauche à droite : Langlois, d’Armaillé, des Essarts, de Beauvollier, Cathelineau, d’Elbée, La Rochejaquelein, de La Bouëre, Cailleau. À Parthenay, Haut Poitou, 11 mai 1793.

En mai 1793, l’Armée Catholique et Royale se porta, à sa sortie de Thouars, sur la ville de Parthenay, où les républicains trop faibles n’osèrent l’attendre. Ils se retirèrent sur Niort, et ce fut d’une manière si précipitée qu’ils abandonnèrent plusieurs pièces de canon. Les chefs royalistes firent à Parthenay la proclamation suivante aux habitants de la ville :

“Nous, commandants des armées catholiques et royales, n’ayant pris les armes que pour soutenir la religion de nos pères, et pour rendre à notre Auguste et légitime souverain Louis XVII, l’éclat et la solidité de son trône et de sa couronne ; n’ayant d’autre but que d’opérer le bien général : Proclamons hautement que si, contre nos bonnes et loyales intentions, messieurs les clubistes et tous autres perturbateurs du repos public venaient à reprendre les armes contre la plus sainte et la plus juste des causes, nous reviendrons les punir avec la plus grande sévérité. La manière dont nous nous sommes comportés à l’égard de tous les habitants de cette ville, devant leur prouver que tous nos efforts et tous nos vœux sont pour la paix et la concorde, nous déclarons en conséquence prendre sous notre protection spéciale tous les braves et honnêtes gens amis du bien public, promettant que, si nos intentions étaient trompées à cet égard, nous cesserions toute clémence envers les rebelles.” À Parthenay, le 11 mai 1793. Signé : La Rochejaquelein, d’Elbée, Cathelineau, de La Bouëre, des Essarts, de Beauvollier, d’Armaillé, Langlois, Cailleau.

La grande Armée Catholique et Royale, après un court séjour à Parthenay, en sortit le 13 mai pour aller à la Châtaigneraie. Les républicains avaient fait refluer de tous les côtés des troupes dans cette dernière ville, pour essayer d’arrêter les progrès royalistes qui, faisant des prosélytes partout où ils passaient, donnaient déjà une vive inquiétude à la Convention.

Extrait des mémoires de Bertrand Poirier de Beauvais, commandant général de l’artillerie des armées de la Vendée.