Jules César

Jules César

Feutre noir sur papier. D’après une statue de Jules César par Nicolas Coustou commandée en 1696 pour le parc de Versailles, afin de faire pendant à la statue d’Hannibal de Sébastien Slodtz. Musée du Louvre, cour Puget.

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Taureau blanc

taureau
Le taureau blanc à l’étable. Feutre noir sur papier. D’après une huile sur toile (vers 1765) de Jean-Honoré Fragonard (Grasse, 1732 – Paris, 1806).

Bataille de Pontvallain (4 décembre 1370)

bataille de Pontvallain
« Notre-Dame ! Guesclin ! » 400 furieux surgissent des fourrés et se ruent sur le camp. La surprise est complète. Bataille de Pontvallain, 4 décembre 1370.

« Bertrand Du Guesclin, le nouveau connétable, illustre immédiatement l’efficacité de la nouvelle stratégie, parfaitement adaptée à sa tactique de harcèlement, de coup de main, de surprises et de guerilla. Le 2 octobre 1370, jour de sa nomination à la connétablie, il est à Paris. Le 24, il est à Pontorson, près du Mont-Saint-Michel, où il conclut un pacte de fraternité d’armes avec Olivier de Clisson. Le 6 novembre, il est à Caen, où il recrute environ 500 hommes. Là il apprend que les restes de la chevauchée de Robert Knolles trainent encore dans le Maine, passablement dispersés à cause d’une mésentente des chefs pour le partage du maigre butin. Knolles veut rejoindre la Bretagne ; les autres capitaines ne sont pas d’accord, et tous sont de mauvais humeur tant la campagne a été infructueuse. On s’est séparé en plusieurs groupes : Knolles est près du Mans, Thomas Grandson un peu plus au sud, Hugh Calveley sur la Loire. Tomber à l’improviste sur ces groupes démoralisés et dont la vigilance s’est relâchée en l’absence de tout adversaire, telle idée de Du Guesclin.

La campagne qui suit est un authentique exploit et l’un des rares exemples de guerre-éclair médiévale. Le connétable y déploie ses meilleures qualités de chef de guerre : esprit de décision, rapidité, clairvoyance, résistance physique, courage et ruse. Rapidité de décision, tout d’abord. Du Guesclin apprend la situation de Knolles dans les derniers jours de novembre, à Caen. Il est à 170 km du Mans. Il rassemble ses troupes, environ 500 lances d’après Froissart. Le 1er décembre, il se met en route, forçant l’allure à tel point que Clisson et Audrehem sont laissés derrière, avec une armée qui s’échelonne par petits groupes sur des dizaines de kilomètres. Passant par Alençon, il atteint le 3 décembre une localité des environs du Mans, dont le nom, déformé par les chroniqueurs, a été fort débattu par les historiens : Viré ou Juillé, ou plus probablement Fillé, sur la Sarthe, à une dizaine de kilomètres au sud-ouest du Mans. L’avant-garde a franchi 170 km de chemin boueux en trois jours : un record pour le Moyen Age, et tout le monde est exténué. Les anglais, prévenu de l’arrivée de Du Guesclin, lui envoient un messager, afin de fixer avec lui un lieu et une date de bataille. Le connétable n’en est plus à ces jeux chevaleresque d’un autre âge : il saoule le messager, obtient de lui la localisation exacte de Thomas Grandson, et se met immédiatement en route, à la nuit tombée, sous une pluie glaciale de décembre. 25 kilomètres dans l’obscurité, sur des chevaux épuisés par trois jours de marche ; le connétable en perd deux sous lui. Avant l’aube du 4, on arrive sans bruit près du camp ennemi. La pluie a cessé, le soleil va se lever : on recouvre les casques de tissu afin d’éviter les reflets sur le métal. Et puis brusquement : « Notre-Dame ! Guesclin ! » ; 400 furieux surgissent des fourrés et se ruent sur le camp. La surprise est complète, la victoire aussi : 80 capitaine anglais sont cueillis au réveil, dont Thomas Grandson, Gilbert Giffard, Geoffroy Oursellé, Guillaume de Neuville, Philippe de Courtenay, Hugues Despenser. Dans les jours qui suivent, Du Guesclin disperse les autres bandes anglaises et nettoie l’est de l’Anjou et les confins du Poitou. Le 5 décembre, il est sur le Loir ; le 6, à saumur, le 7, à Bressuire. C’est là que le vieux Arnoul d’Audrehem est blessé ou tombe malade ; il meurt à Saumur. A Saint-maur, en aval de Saumur, Du Guesclin achète le départ de son vieux rival Calveley, et pour le payer il institue un péage au franchissement de la Loire aux Ponts-de-Cé. Les dernières garnisons anglaises quittent la région. Le 1er janvier 1371, Du Guesclin est de retour à Paris.

En un mois exactement, le nouveau connétable a donc remporté une victoire éclair, dispersé les bandes anglaises et repris le contrôle du Maine, d’une partie de l’Anjou et du Poitou, tout cela avec des moyens très limités. Ce rapide bilan donne la mesure de son efficacité. Son petit groupe mobile, souple, avec un noyau d’élite breton, à base familiale et provinciale, bien soudé, anticipe les actions de commandos en pays occupé. Frappant vite, à l’improviste, insaisissable, il entretient l’insécurité chez l’ennemi, le décourage, lui reprend des postes stratégiques. Le roi Charles V peut être satisfait de son nouveau connétable. »

Extrait de La Guerre de Cent Ans de Georges Minois.

Bataille de Coutras (20 octobre 1587)

Bataille de Coutras
Arquebusiers de l’armée d’Henri de Navarre. Bataille de Coutras, 20 octobre 1587. Episode des guerres de religion.

« En 1576, la Ligue catholique avait langui. Cette fois, elle mit encore plusieurs mois avant de faire explosion. L’idée d’Henri III était d’user les catholiques et les protestants les uns par les autres. Tout en affectant de se conformer aux désirs des ligueurs, il cherchait à ménager les protestants. Une maladresse dérangea ses projets.

Contre ses instructions, son lieutenant, le duc de Joyeuse, chargé de contenir le roi de Navarre, redevenu chef des calvinistes, lui offrit la bataille et l’occasion de la gagner par des erreurs stratégique grossières. Le Béarnais vainquit à Coutras (1587). C’était la première victoire que les protestants remportaient. Henri de Navarre en profita modérément. Il donnait déjà l’impression qu’il se comportait en futur roi de France plutôt qu’en chef de parti et « qu’il voulait laisser entier l’héritage qu’il espérait ».

Mais Coutras produisit un effet profond sur les catholiques. Henri III devint suspect de faiblesses et de ménagements calculés en faveur des ennemis de la religion et de l’Etat. Il fut accusé de trahir.

D’innombrables libelles, d’une violence extraordinaire, furent publiés contre lui. Le cri de la Ligue devint : « Sus au roi ! » Les ligueurs réclamaient des états généraux. Ils annonçaient ouvertement que, si Henri III mourait, l’ordre de succession serait changé et que le cardinal de Bourbon serait appelé au trône et non pas le protestant Henri de Navarre. Des prêtres, en chaire, accusaient le roi de tous les vices et de tous les crimes : il n’est pas étonnant que sa mémoire nous soit arrivé salie. »

Extrait de l’Histoire de France de Jacques Bainville.

Archer anglais

archer anglais
Archer anglais, vers 1346.

Il est particulièrement croquignolet de constater que le doigt d’honneur, ce célèbre geste ordurier qui signifie « va te faire enc… ! », trouve ses origines dans le célèbre conflit dynastique qui opposa la France et l’Angleterre au XIV ème et au XV ème siècle et que les historiens crurent bon de baptiser Guerre de Cent Ans.

À cette époque, lorsqu’un archer anglais était capturé par les français, son index et son majeur droits étaient systématiquement coupés ; ceci afin de s’assurer qu’il ne lui serait plus jamais possible de décocher la moindre flèche.

Avant chaque bataille, les archers anglais avaient donc pour coutume d’exhiber fièrement leur index et leur majeur, ce qui constituait pour eux une manière de narguer les français. D’où le fameux « doigt d’honneur ».

Là encore, aimes-tu ? T’attelles-tu ?

Cariatide

cariatide

« L’histoire lui fournit la matière de la plupart des ornements d’architecture, dont il doit savoir rendre raison ; par exemple, si sous les mutules et les corniches, au lieu de colonnes, il met des statues de marbre en forme de femmes honnêtement vêtues que l’on appelle cariatides, il pourra apprendre à ceux qui ignorent pourquoi cela se fait ainsi, que les habitants de Carie, qui est une ville de Péloponnèse, se joignirent autrefois avec les Perses, qui faisaient la guerre aux autres peuples de la Grèce, et que les Grecs, ayant par leurs victoires glorieusement mis fin à cette guerre, la déclarèrent ensuite aux Cariates ; que leur ville ayant été prise et ruinée, et tous les hommes mis au fil de l’épée, les femmes furent emmenées captives, et que, pour les traiter avec le plus d’ignominie, on ne permit pas aux dames de quitter leurs robes accoutumées ni aucun de leurs ornements, afin que non-seulement elles fussent une fois menées en triomphe, mais qu’elles eussent la honte de s’y voir en quelque façon menées toute leur vie, paraissant toujours au même état qu’elles étaient le jour du triomphe, et qu’ainsi elles portassent la peine que leur ville avait méritée ; or, pour laisser un exemple éternel de la punition que l’on avait fait souffrir aux Cariates, et pour apprendre à la postérité quel avait été leur châtiment, les architectes de ce temps-là mirent, au lieu de colonnes, ces sortes de statues aux édifices publics. »

Perrault, Vitruve, I, 1

Isabelle de Hainaut (1170 – 1190)

Isabelle de Hainaut
Isabelle de Hainaut, reine de France.

28 avril 1180, le roi de France Philippe Auguste, prend pour épouse la jeune Isabelle de Hainaut, fille du comte du Hainaut Baudouin V et de Marguerite de Lorraine comtesse de Flandres. L’alliance royale est célébrée par les évêques Henri de Senlis et Roger de Laon en l’église de l’abbaye Saint-Nicolas d’Arrouaise. Les festivités se déroulent, quant à elle, au château de Bapaume, à proximité du territoire flamand.

Isabelle de Hainaut, alors âgée de 10 ans, est sacrée reine de France le 29 mai de la même année. Le couronnement a lieu en l’abbaye de Saint-Denis. A l’issue de cette alliance, Isabelle de Hainaut apporte en dot au royaume de France l’importante région qui portera plus tard le nom d’Artois et qui comporte les villes d’Arras, de Bapaume et de Saint-Omer.

Le 5 septembre 1187, Isabelle de Hainaut met au monde un fils prénommé Louis (futur Louis VIII). Philippe Auguste, rendu fou de joie par la naissance d’un héritier mâle, exige que l’on rende un immense hommage à Isabelle de Hainaut.

Philippe Auguste voulait qu’Isabelle de Hainaut soit « la plus grande et la plus honorée des reines de France ». Hélas, le 15 mars 1190, la reine Isabelle de Hainaut décède en donnant le jour à deux garçons jumeaux qui ne vivront pas. Le roi Philippe Auguste, qui s’apprêtait à partir en croisade aux côtés du comte de Flandres, organise pour la reine défunte d’importantes funérailles en la cathédrale Notre-Dame de Paris.