Bataille de Jargeau (12 juin 1429)

bataille de Jargeau
Jeanne d’Arc insuffle la volonté de Dieu aux troupes françaises, leur assurant la victoire : « Agissez et Dieu agira ! »

Portée par sa victoire à Orléans, Jeanne d’Arc poursuit sur sa lancée. Au cours d’une campagne fulgurante, elle va s’emparer de Jargeau, le 12 juin 1429, et chasser les troupes anglaises de la vallée de la Loire. Son dessein est de faire « route libre et sûre » jusqu’à Reims, où elle veut que le dauphin Charles, le futur Charles VII, soit sacré sans tarder.

Jeanne d’Arc met de nouveau fin avec détermination aux atermoiements des capitaines, notamment aux hésitations d’Alençon, qui juge toute tentative d’attaque prématurée : « Jeanne elle-même me dit : Avant, gentil duc, à l’assaut! N’ayez doute, l’heure est prête quand il plaît à Dieu (…) Agissez et Dieu agira! En nom Dieu, il les faut combattre; s’ils étaient pendus aux nues nous les aurons, puisque Dieu nous envoie pour les punir (…). Le gentil roi aura aujourd’hui la plus grande victoire qu’il eut jamais. Et m’a dit mon conseil qu’ils sont tous nôtres », insiste la Pucelle. Son « conseil », c’est à dire ses « voix », l’a assuré de la victoire et c’est avec confiance qu’elle entraîne ses troupes au combat.

Peu après le début de la bataille, Jeanne grimpe à une échelle et s’élance à l’assaut des remparts en brandissant son étendard. Soudain, elle est atteinte à la tête par une pierre qui entraine sa chute. Mais Jeanne se relève aussitôt et exhorte ses compagnons : « Amis, amis, sus, sus! Notre Sire a condamné les Anglais. A cette heure, ils sont nôtres ; ayez bon coeur! » Alors que le combat fait rage, Suffolk  réclame des pourparlers afin de négocier une trêve dans l’attente d’éventuels renforts. Mais il est trop tard. Dans un irrésistible élan, les Français s’emparent de Jargeau, puis se lancent à la poursuite de l’ennemi. Tandis que Suffolk est fait prisonnier, ses troupes se replient en désordre vers Meung-sur-Loire et Beaugency. Cette dernière place tombera quelques jours plus tard. Le 17 juin, dans la plaine de Beauce, Jeanne disposera ses armées en ordre de bataille et remportera une nouvelle victoire, à Patay.

Jacques Bainville (1879 – 1936)

Jacques Bainville
Portrait de Jacques Bainville. Feutre noir sur papier.

Historien et journaliste visionnaire doté d’une immense curiosité intellectuelle, Jacques Bainville est très vite séduit par le maître de Martigues, Charles Maurras, champion de la cause monarchiste.

Jusqu’à son dernier souffle, Bainville accompagne le mouvement monarchiste et écrit régulièrement dans son journal, L’Action française, partageant pendant plus de vingt ans son bureau avec le grand Léon Daudet, fils d’Alphonse Daudet. Bainville y développe des vues prophétiques sur l’Europe dont la justesse et la pertinence laissent, aujourd’hui encore, pantois.

Ainsi, Bainville démontre avec finesse et brio que les clauses politiques du traité de Versailles contiennent les germes d’un autre conflit et résume la paix de Versailles dans une formule cinglante et juste : « Une paix trop douce pour ce qu’elle a de dur et trop dure pour ce qu’elle a de doux ». En d’autres termes, Bainville fut le premier à voir pointer la seconde guerre mondiale et ce dès 1919.

Observateur clairvoyant et lucide de son temps, Bainville eut mérité de faire partie des grands auteurs toujours lus. Styliste élégant, ses meilleurs extraits mériteraient de figurer au programme des cours de Français ou d’Histoire. Il n’en est malheureusement rien car la raie-publique, préférant le mensonge et la manipulation à la vérité, use encore et toujours de son arme totalitaire la plus vile, la plus inique et la plus fourbe : la diabolisation.

Ainsi, la lecture des œuvres de Jacques Bainville est aujourd’hui limitée, statistiquement parlant, à une infime partie de la population. La diabolisation et le mensonge à la sauce républicaine sont des armes redoutables pour maintenir la population dans l’ignorance, dans la bêtise et donc dans la dictature du consumérisme, de la vile jouissance, de l’irréflexion et de la précipitation obligatoire. L’égalité pour tous dans la bassesse, le nivellement par le bas des masses, est une terrible réalité républicaine. L’homme dont l’intelligence ne sert pas est mûr pour l’esclavage. CQFD.

John Fastolf (1378 – 1459), John Talbot (1384 – 1453)

John Fastolf John Talbot
Fastolf et Talbot, seigneurs de guerre anglais.

« Dans l’immédiat, il faut d’abord rétablir la situation militaire, car cela va de mal en pis. Sur la lancée d’Orléans, les Français ont pris Jargeau, le 12 juin ; le comte de Suffolk a été fait prisonnier ; puis c’est Beaugency qui tombe. Et le 18 juin, désastre, l’armée anglaise, pourtant commandée par ses meilleurs capitaines, Talbot, Fastolf, Scales, est complètement battue entre Orléans et Chartres, à la bataille de Patay, par des Français dirigés par Richemont, qu’on a enfin autorisé à revenir, La Hire, Xaintrailles, Gaucourt, Dunois, Alençon, La Fayette, le comte de Laval, Gilles de Rais, ce qui fait beaucoup de chefs. Bataille extrêmement confuse, où une mésentente entre Fastolf et Talbot provoque une panique et finalement la déroute. Les Anglais laissent 2000 morts et 200 prisonniers, dont Talbot et Scales. John Talbot, absolument furieux, accuse Fastolf d’être responsable de la déroute et d’avoir fui comme un lâche. La rivalité entre les deux hommes est déjà ancienne. Fastolf, qui avait capturé le duc d’Alençon à Verneuil, s’était plaint qu’on ne lui avait pas versé toute sa part de la rançon. En 1426, il avait reçu l’ordre de la Jarretière à la suite de ses succès dans le Maine, mais Talbot l’avait remplacé comme gouverneur d’Anjou et du Maine. Sa victoire à la bataille des harengs avait provoqué la jalousie de Talbot, qui se venge maintenant en l’accusant maintenant de couardise. Accusation reprise par le chroniqueur Monstrelet et qui semble être à l’origine de la caricature tout à fait injuste que Shakespeare fera du personnage, sous le nom de Falstaff, dans Henry IV. »

Extrait de la Guerre de Cent Ans de Georges Minois.

Léon Daudet (16 novembre 1867 – 30 juin 1942)

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Vive Léon Daudet ma mère ! Vive Léon daudet ! Il pend les tueurs au collet ! Vive Léon daudet !

« La démocratie, c’est la Révolution couchée, et qui fait ses besoins dans ses draps. »

« Le régime démocratique n’est, au moyen du suffrage universel, qu’une vaste machine à fabriquer des salopiots, et ce salopiot, à peine usé et démonétisé, un autre lui succède, qui fera demain, à peine dessalé, la même chose que lui. »

« Le suffrage universel est stupide. Il n’a ni yeux, ni oreilles, ni odorat, ni même toucher. Il n’a qu’un ventre, que des appétits, que des besoins immédiats et sommaires. »

« Qui n’a pas été député ne saurait se faire une idée du vide humain. »

« Les seules ententes internationales possibles sont des ententes gastronomiques. »

« Lyon est une ville arrosée par trois grands fleuves : le Rhône, la Saône et le Beaujolais. »

« La mort sans l’Eglise est sans grandeur. Elle a l’air un peu d’une formalité administrative, d’une opération d’arithmétique physiologique, d’une soustraction charnelle : un tel y était. Il n’y est plus. Ca fait moins un. A qui le tour ? »

 « Le dépotoir de la IIIè République. »

« La République a tué mon fils, moi je tuerai la République. »

« Je suis tellement réactionnaire que j’en perds parfois le souffle ! »

« Sorte de lévrier hébreu, minaudant et hautain, à la parole facile et pédante. » (à propos de Léon Blum)

« Un soir glacé de novembre, je lui administrai, d’une voix de stentor, une engueulade soignée. Il m’écoutait balbutiant, effaré, clignotant, sans m’interrompre, et, quand j’eus achevé mes vociférations, il me serra la main, me remerciant de lui avoir dit la vérité, c’est-à-dire qu’il était un fourbe, un incapable et un cochon. » (à propos de Paul Painlevé)

« Large comme une table de douze couverts et rouge comme quelqu’un qui vient d’avaler de travers un drapeau. » (à propos de Léon Gambetta)

« Pauvre larve politicienne qui a l’air, physiquement et moralement, d’avoir été prise entre deux portes. » (à propos de Paul Doumer)

« C’est une tête de mort sculptée dans un calcul biliaire. » (à propos de Georges Clémenceau)

 « Il a toujours profondément méprisé la nature humaine, en raison même de l’échantillon que lui renvoyait son miroir. » (à propos de Georges Clémenceau)

« Il avait le goût du déshonneur, de la déchéance et de la mort de son prochain, comme d’autres aiment le vin et les jolies filles. » (à propos d’Emile Zola)

« Il émane de lui une odeur qui me plaît : une odeur de fin de régime. » (à propos d’Aristide Briand)

Florilège de citations de Léon Daudet, écrivain, journaliste et homme politique français. Fils du célèbre écrivain Alphonse Daudet, Léon Daudet, nationaliste républicain converti au monarchisme, est une des personnalités charismatiques de l’Action Française, il fut député de la Seine de 1919 à 1924. Il a laissé à la postérité une œuvre littéraire parmi les plus prolifiques du XXème siècle.

 

 

 

 

 

Maurice Barrès (19 août 1862 – 4 décembre 1923)

Maurice Barrès
Portrait de Maurice Barrès.

– Comme Henri fut raisonnable de ne pas céder à Bouteiller qui voulait le faire entrer à Saint-Cyr ! s’écria Sturel.

Par ce mot, il commença la conquête de Mme Gallant qui, sur un renseignement de son petit-fils, le croyait irréligieux. Ce soir-là, envahi par une paix profonde, Sturel comprenait les harmonies de cette prairie, de ce ciel doux, de ces paysans, de son ami, de cette aïeule attentive à surveiller un étranger. Il les effleurait tous d’une pensée, il recevait de chacun une impression, et il regrettait d’avoir distrait sa mère de leur milieu naturel pour se perdre avec elle dans le tumulte aride de Paris. S’il avait pu, dans cette minute, rendre intelligible son état, Mme Gallant de Saint-Phlin se fût écriée : « Mais voilà ce que j’appelle la religion ! »

– Ce qu’il y a de puissant ici disait Sturel, c’est que l’on sent les siècles, la continuité de volonté qu’il a fallu pour créer ce paysage. Il est fait de cette vieille maison, belle parce que ses greniers, ses écuries, sa ferme sont parfaitement appropriés ; de cette prairie où paissent ces vaches ; de ces fleurs dans le verger où bourdonnent les abeilles ; de la marche lasse et satisfaite des serviteurs qui reviennent des champs ; le silence qui l’enveloppe éveille des idées de contentement et de repos, non d’isolement et de crainte ; mais surtout, c’est un domaine patrimonial : on y jouit, comme d’une beauté sensible, des habitudes accumulées.

– Ah ! s’écria Saint-Phlin, j’attendais de toi cette remarque. Des habitudes accumulées ! Comprends-tu maintenant que je ne puisse pas vivre à Paris ?

– Monsieur Sturel, ce grand garçon refuse de se marier ! Ah ! Si vous vouliez le convaincre !

Saint-Phlin embrassa le front de sa grand’mère et lui affirma qu’elle devait rentrer à cause de la fraicheur. Tout au plaisir de tenir chez soi son ami, il ne pouvait pas rester en place. Mme Gallant, à la manière lorraine, mêlait des railleries à son admiration pour cette surabondance de vie.

Extrait de L’Appel au Soldat de Maurice Barrès, 1900.

Henri de la Rochejaquelein (30 août 1772 – 28 janvier 1794)

Henri de la Rochejaquelein
Portrait d’Henri de la Rochejaquelein. D’après un tableau de Pierre-Narcisse Guérin.

« Si mon père était parmi nous, il vous inspirerait plus de confiance, car à peine me connaissez-vous. J’ai d’ailleurs contre moi et ma grande jeunesse et mon inexpérience ; mais je brûle déjà de me rendre digne de vous commander. Allons chercher l’ennemi : si j’avance, suivez-moi, si je recule, tuez-moi, si je meurs, vengez-moi. » Henri de la Rochejaquelein haranguant sa troupe de paysans venus le quérir pour chef, mars 1793.

« Henri de La Rochejaquelein avait alors vingt ans. C’était un jeune homme assez timide, et qui avait peu vécu dans le monde ; ses manières et son langage laconique étaient remarquables par la simplicité et le naturel; il avait une physionomie douce et noble; ses yeux, malgré son air timide, paraissaient vifs et animés ; depuis, son regard devint fier et ardent. Il avait une taille élevée et svelte, des cheveux blonds, un visage un peu allongé, et une tournure plutôt anglaise que française. Il excellait dans tous les exercices du corps, surtout à monter à cheval. Henri de La Rochejaquelein était chef des paroisses qui sont autour de Châtillon. Il avait un courage ardent et téméraire, qui le faisait surnommer l’Intrépide. Dans les combats, il avait le coup d’œil juste, et prenait des résolutions promptes et habiles. Il inspirait beaucoup d’ardeur et d’assurance aux soldats. On lui reprochait de s’exposer sans aucune nécessité, de se laisser emporter trop loin, d’aller faire le coup de sabre avec les ennemis. Dans les déroutes des républicains, il les poursuivait sans aucune prudence personnelle. On l’exhortait aussi à s’occuper davantage des discussions du conseil de guerre. En effet, il les trouvait souvent oiseuses et inutiles; et après avoir dit son avis, il lui arrivait parfois de s’endormir; mais il répondait à tous les reproches: « Pourquoi veut-on que je sois un général ? Je ne veux être qu’un hussard, pour avoir le plaisir de me battre. » Malgré ce goût pour les combats, il était cependant rempli de douceur et d’humanité. Le combat finit, nul n’avait plus d’égards et de pitié pour les vaincus. Souvent en faisant un prisonnier, il lui offrait auparavant de se battre en corps à corps avec lui. » Extrait des mémoires de Victoire de Donissan de la Rochejaquelein.

« Henri de La Rochejaquelein était d’une valeur brillante et conduisait très bien une action. » Général Kléber, Mémoires Politiques et Militaires.

Louis de Frotté (1766 – 1800)

Portrait de Louis de Frotté
Portrait de Louis de Frotté, chouan normand. d’après une peinture de Louise Bouteiller (1822).

« Avec mes lieutenants, je m’étais réfugié à la gentilhommière La Guyonnière, une demeure fortifiée du XVI ème siècle, cachée par un vallon et agrémentée d’un étang, située dans la paroisse de Vassy, près de la forêt de Saint-des-Bois dont les frondaisons épaisses nous protégeaient des maux de ces monstres tricolores.

Au mois de juin, j’appris avec stupeur la mort du petit Louis XVII que j’avais rêvé d’arracher à sa geôle du Temple.

Immense fut ma douleur, lorsque je sus qu’on avait laissé cet enfant mourir et qu’on l’avait, sans doute, empoisonné. J’étais affligé de savoir qu’on avait traité comme un pestiféré le fils de Louis XVI, qui avait rendu l’âme le lundi 8 juin 1795.

Alors là, madame, mademoiselle, monsieur, je sus que la guerre n’aurait de fin que lorsque mes ennemis m’auraient tué. Ceux-ci devaient savoir u’ils ne viendraient à bout de l’impitoyable combat que j’allais leur livrer qu’avec ma mort. Oh oui, je le jurais sur mon roi. Jusqu’à la mort de Louis XVII, il y avait certes eu des troubles ponctuels. Mais là, je conclus que la raie-publique venait de déclarer la reprises des hostilités.

[…] Je vous assure que le commencement de la guerre fut d’une étonnante facilité. Nous nous emparâmes des pays cotentinois et bocains. Nous entrâmes dans Courson, Clinchamps-la-Rivière, Saint-Christophe de Cheaulieu, Maugois, Saint-Pois et Vengeons.

Quelle joie de me rappeler que nous pûmes piller les arsenaux de la Haye-Pesnel, de Gravay et de Hambie ! Quel plaisir de me souvenir que le 19 juin, monsieur du Rosel s’empara de Saint-Sever !

Nos troupes étaient organisées, soudées et bien administrées, et effrayaient le procureur syndic de Coutances. Certes, nous vivions un drame. Car quand je me battais, je ne pouvais pas oublier l’enfant martyr, mort au Temple dans d’atroces conditions, indignes de ceux qui prônaient la liberté.

Et je me disais qu’en combattant cette infamies des bleus, nous vengions sa mort. Oui, je vengeais la mort de mon roi Louis XVI, de ma reine Marie-Antoinette et de mon petit roi Louis XVII, et cela ne se terminerait qu’avec mon dernier souffle, oh oui, mon Dieu, oh oui, mon roi, je me le jurais, question d’honneur. »

Extrait de Ma vie pour le roi ! Louis de Frotté, chouan normand d’Eric Leclercq.