Spartacus

Spartacus
D’après une statue de Denis Foyatier (Bussière, 1793 – Paris, 1863). Crayon gras sur papier.

Le modèle en plâtre fut présenté au Salon de 1827.

Chef des esclaves révoltés contre Rome, ce prince Thrace leva une armée rebelle qui fut vaincue par Crassus en 71 av. J.-C.

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Philopoemen

Philopoemen
Philopoemen. D’après une statue de Pierre-Jean David, dit David d’Angers (Angers, 1788 – Paris, 1856). Marbre, 1837. Placé dans les jardins des Tuileries en 1837. Aujourd’hui au Louvre, cour Puget.

Surnommé « le dernier des Grecs » par Plutarque, ce stratège organisa la résistance des cités helléniques contre la menace romaine. Fait prisonnier par les Romains, il fut condamné à boire la ciguë.

Cabinet Lhuillier

cabinet Lhuillier

Deux escaliers factices bâtis au milieu de cette salle servaient en fait de présentoir pour exposer des échantillons de roches, des collections de minéraux, d’ossements ainsi que des échantillons des couches géologique issues du Lutécien et que des visiteurs venaient voir dès le XIXème siècle. En dépit du passage et des dégradations, ils se dressent encore là, deux siècles plus tard.

Mais ces fameux cabinets minéralogiques n’étaient ni plus ni moins qu’une variante souterraine et parisienne des cabinets de curiosités très à la mode dans les grandes demeures de l’époque.

Au début du XIXème siècle, alors que les travaux de consolidation des anciennes carrières souterraines de Paris battent leur plein, l’inspecteur général des carrières Louis-Etienne Héricart de Thury a l’idée de créer des cabinets de curiosités spécifiques aux souterrains de la capitale.

Ces cabinets minéralogiques seront construits avec un soin particulier, bien qu’ils soient dépourvus d’utilité pratique du point de vue des travaux de consolidation menés en carrière. Ces cabinets symbolisent un certain souci du savoir et des sciences qu’ils montrent d’une façon théâtrale et volontiers néoclassique.

Au total, 7 cabinets minéralogiques de ce type seront ainsi aménagés dans les anciens vides de carrière sous Paris.

Un visiteur des Catacombes de Paris, au XIXème siècle, décrivit ainsi ces cabinets : “…notre conducteur venait d’ouvrir avec effort la porte du caveau géologique destiné à conserver des échantillons de toute espèce de minéraux que renferme le sol où sont creusées ces carrières. Cette salle conduit à une autre, où l’on a pris soin de rassembler, de classer, d’étiqueter avec ordre toutes les monstruosités ostéologiques, dont quelques-unes attestent en même temps les aberrations de la nature et les efforts de l’art pour venir à son secours. C’est à M. Héricart de Thury, ingénieur en chef au corps impérial des mines, que l’on est redevable de ces deux cabinets souterrains, et des améliorations de toute espèce qui ont eu lieu depuis quelques années dans les catacombes. Pendant que j’observais les pièces d’anatomie, Mme de Sesanne était restée à quelque distance de moi, appuyée sur un autel antique formé tout entier de débris humains. Cet ouvrage, et plusieurs autres du même genre, font honneur au talent et au goût de M. Gambier, qui a présidé à l’arrangement de ces lugubres matériaux.”

Jacques Bainville (1879 – 1936)

Jacques Bainville
Portrait de Jacques Bainville. Feutre noir sur papier.

Historien et journaliste visionnaire doté d’une immense curiosité intellectuelle, Jacques Bainville est très vite séduit par le maître de Martigues, Charles Maurras, champion de la cause monarchiste.

Jusqu’à son dernier souffle, Bainville accompagne le mouvement monarchiste et écrit régulièrement dans son journal, L’Action française, partageant pendant plus de vingt ans son bureau avec le grand Léon Daudet, fils d’Alphonse Daudet. Bainville y développe des vues prophétiques sur l’Europe dont la justesse et la pertinence laissent, aujourd’hui encore, pantois.

Ainsi, Bainville démontre avec finesse et brio que les clauses politiques du traité de Versailles contiennent les germes d’un autre conflit et résume la paix de Versailles dans une formule cinglante et juste : « Une paix trop douce pour ce qu’elle a de dur et trop dure pour ce qu’elle a de doux ». En d’autres termes, Bainville fut le premier à voir pointer la seconde guerre mondiale et ce dès 1919.

Observateur clairvoyant et lucide de son temps, Bainville eut mérité de faire partie des grands auteurs toujours lus. Styliste élégant, ses meilleurs extraits mériteraient de figurer au programme des cours de Français ou d’Histoire. Il n’en est malheureusement rien car la raie-publique, préférant le mensonge et la manipulation à la vérité, use encore et toujours de son arme totalitaire la plus vile, la plus inique et la plus fourbe : la diabolisation.

Ainsi, la lecture des œuvres de Jacques Bainville est aujourd’hui limitée, statistiquement parlant, à une infime partie de la population. La diabolisation et le mensonge à la sauce républicaine sont des armes redoutables pour maintenir la population dans l’ignorance, dans la bêtise et donc dans la dictature du consumérisme, de la vile jouissance, de l’irréflexion et de la précipitation obligatoire. L’égalité pour tous dans la bassesse, le nivellement par le bas des masses, est une terrible réalité républicaine. L’homme dont l’intelligence ne sert pas est mûr pour l’esclavage. CQFD.

Maurice Barrès (19 août 1862 – 4 décembre 1923)

Maurice Barrès
Portrait de Maurice Barrès.

– Comme Henri fut raisonnable de ne pas céder à Bouteiller qui voulait le faire entrer à Saint-Cyr ! s’écria Sturel.

Par ce mot, il commença la conquête de Mme Gallant qui, sur un renseignement de son petit-fils, le croyait irréligieux. Ce soir-là, envahi par une paix profonde, Sturel comprenait les harmonies de cette prairie, de ce ciel doux, de ces paysans, de son ami, de cette aïeule attentive à surveiller un étranger. Il les effleurait tous d’une pensée, il recevait de chacun une impression, et il regrettait d’avoir distrait sa mère de leur milieu naturel pour se perdre avec elle dans le tumulte aride de Paris. S’il avait pu, dans cette minute, rendre intelligible son état, Mme Gallant de Saint-Phlin se fût écriée : « Mais voilà ce que j’appelle la religion ! »

– Ce qu’il y a de puissant ici disait Sturel, c’est que l’on sent les siècles, la continuité de volonté qu’il a fallu pour créer ce paysage. Il est fait de cette vieille maison, belle parce que ses greniers, ses écuries, sa ferme sont parfaitement appropriés ; de cette prairie où paissent ces vaches ; de ces fleurs dans le verger où bourdonnent les abeilles ; de la marche lasse et satisfaite des serviteurs qui reviennent des champs ; le silence qui l’enveloppe éveille des idées de contentement et de repos, non d’isolement et de crainte ; mais surtout, c’est un domaine patrimonial : on y jouit, comme d’une beauté sensible, des habitudes accumulées.

– Ah ! s’écria Saint-Phlin, j’attendais de toi cette remarque. Des habitudes accumulées ! Comprends-tu maintenant que je ne puisse pas vivre à Paris ?

– Monsieur Sturel, ce grand garçon refuse de se marier ! Ah ! Si vous vouliez le convaincre !

Saint-Phlin embrassa le front de sa grand’mère et lui affirma qu’elle devait rentrer à cause de la fraicheur. Tout au plaisir de tenir chez soi son ami, il ne pouvait pas rester en place. Mme Gallant, à la manière lorraine, mêlait des railleries à son admiration pour cette surabondance de vie.

Extrait de L’Appel au Soldat de Maurice Barrès, 1900.

Blanchisseuses

 

blanchisseuses
Blanchisseuses sur les quais de Seine. Paris, vers 1860.

 

« Onze heures sonnaient. La moitié des laveuses, assises d’une jambe au bord de leurs baquets, avec un litron de vin débouché à leurs pieds, mangeaient des saucisses dans des morceaux de pains fendus. Seules, les ménagères venues là pour laver leurs petits paquets de linge, se hâtaient, en regardant l’œil-de-bœuf accroché au dessus du bureau. Quelques coups de battoir partaient encore, espacés, au milieu des rires adoucis et des conversations qui s’empâtaient dans un bruit glouton de mâchoires. »

Extrait de L’Assommoir d’Emile Zola.