Spartacus

Spartacus
D’après une statue de Denis Foyatier (Bussière, 1793 – Paris, 1863). Crayon gras sur papier.

Le modèle en plâtre fut présenté au Salon de 1827.

Chef des esclaves révoltés contre Rome, ce prince Thrace leva une armée rebelle qui fut vaincue par Crassus en 71 av. J.-C.

Marie-Antoinette (2 novembre 1755 – 16 octobre 1793)

Marie-Antoinette
D’après le monument funéraire à la mémoire de Louis XVI et Marie-Antoinette, basilique Saint-Denis. Feutre noir sur papier.

« C’est à vous, ma sœur, que j’écris pour la dernière fois ; je viens d’être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère. Comme lui innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments. Je suis calme comme on l’est quand la conscience ne reproche rien ; j’ai un profond regret d’abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que je n’existais que pour eux, et vous, ma bonne et tendre sœur, vous qui avez par votre amitié tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse ! J’ai appris par le plaidoyer même du procès que ma fille était séparée de vous. Hélas ! la pauvre enfant, je n’ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre, je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra, recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J’espère qu’un jour, lorsqu’ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins.

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle où j’ai été élevée, et que j’ai toujours professée, n’ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s’il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop s’ils y entraient une fois. Adieu, adieu ! Je ne vais plus m’occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m’amènera peut-être un prêtre, mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot,et que je le traiterai comme un être absolument étranger.

Qu’ils pensent tous deux à ce que je n’ai cessé de leur inspirer : que les principes et l’exécution de leurs devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuel en fera le bonheur ; (…) qu’ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union, qu’ils prennent exemple de nous : combien dans nos malheurs, notre amitié nous a donné de consolations, et dans le bonheur on jouit doublement quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille.

Que mon fils n’oublie jamais les derniers mots de son père que je lui répète expressément, qu’il ne cherche jamais à venger notre mort.

Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu’ils m’ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs.

Mon Dieu ayez pitié de moi ! Mes yeux n’ont plus de larmes pour pleurer pour vous mes pauvres enfants. Adieu, Adieu ! »

Extrait de la lettre écrite par Marie-Antoinette à la sœur de Louis XVI dans son cachot de la Conciergerie juste après l’annonce de sa condamnation.

Louis XVI (23 août 1754 – 21 janvier 1793)

Louis XVI
Hommage au roi Louis XVI. Assassiné par la raie-publique prétendument française le 21 janvier 1793. D’après le monument funéraire de Louis XVI et Marie-Antoinette à la basilique Saint-Denis. Feutre noir sur papier.

« Je meurs innocent de tous les crimes dont on m’accuse. Je pardonne à ceux qui sont coupables de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. » Louis XVI.

« Par la décapitation du roi Louis XVI, c’est ainsi un édifice millénaire qui s’est effondré – celui de l’ancienne civilisation chrétienne constantinienne, en une onde de choc qui s’est propagée de pays en pays en renversant partout les monarchies et affaiblissant les Eglises. Les avancées de la civilisation, désormais coupées de leur garantie spirituelle, doivent alors se payer par des crises sociales, politiques et économiques, et des guerres d’extermination d’une ampleur sans précédent. Notamment, l’esprit de la révolution dite « française » se divisa bientôt en principes politiques et idéologiques contradictoires, cherchant réciproquement à s’exterminer et à se vaincre, pour finalement aboutir au monde contemporain, qui coïncide précisément avec celui imaginé par certains rêveurs du XVIII ème siècle : un conglomérat de républiques laïques prétendument parvenues à la « fin de l’histoire », une civilisation technicienne tout entière vouée à l’exploitation du monde matériel, mais à laquelle manquent pourtant la chaleur de la vie et le souffle de l’esprit. » Extrait du Livre Noir de la Révolution Française.

Pour que vive la France, Vive le Roi ! A bas la raie-publique !

 

 

La Marne

La Marne
La Marne. D’après une statue d’Antoine Coysevox (Lyon, 1640 – Paris, 1720). Louvre, cour Marly. Mine sur papier.

Un des quatre groupes commandés pour la « rivière » du parc de Marly, il fait pendant au sommet de la cascade à la statue de la Seine. Le modèle en plâtre est mis en place en 1699, et le marbre exécuté en 1706. Saisi au parc de Marly en 1796, le groupe ira décorer une fontaine à Brest en 1801.

Jacques Bainville (1879 – 1936)

Jacques Bainville
Portrait de Jacques Bainville. Feutre noir sur papier.

Historien et journaliste visionnaire doté d’une immense curiosité intellectuelle, Jacques Bainville est très vite séduit par le maître de Martigues, Charles Maurras, champion de la cause monarchiste.

Jusqu’à son dernier souffle, Bainville accompagne le mouvement monarchiste et écrit régulièrement dans son journal, L’Action française, partageant pendant plus de vingt ans son bureau avec le grand Léon Daudet, fils d’Alphonse Daudet. Bainville y développe des vues prophétiques sur l’Europe dont la justesse et la pertinence laissent, aujourd’hui encore, pantois.

Ainsi, Bainville démontre avec finesse et brio que les clauses politiques du traité de Versailles contiennent les germes d’un autre conflit et résume la paix de Versailles dans une formule cinglante et juste : « Une paix trop douce pour ce qu’elle a de dur et trop dure pour ce qu’elle a de doux ». En d’autres termes, Bainville fut le premier à voir pointer la seconde guerre mondiale et ce dès 1919.

Observateur clairvoyant et lucide de son temps, Bainville eut mérité de faire partie des grands auteurs toujours lus. Styliste élégant, ses meilleurs extraits mériteraient de figurer au programme des cours de Français ou d’Histoire. Il n’en est malheureusement rien car la raie-publique, préférant le mensonge et la manipulation à la vérité, use encore et toujours de son arme totalitaire la plus vile, la plus inique et la plus fourbe : la diabolisation.

Ainsi, la lecture des œuvres de Jacques Bainville est aujourd’hui limitée, statistiquement parlant, à une infime partie de la population. La diabolisation et le mensonge à la sauce républicaine sont des armes redoutables pour maintenir la population dans l’ignorance, dans la bêtise et donc dans la dictature du consumérisme, de la vile jouissance, de l’irréflexion et de la précipitation obligatoire. L’égalité pour tous dans la bassesse, le nivellement par le bas des masses, est une terrible réalité républicaine. L’homme dont l’intelligence ne sert pas est mûr pour l’esclavage. CQFD.

John Fastolf (1378 – 1459), John Talbot (1384 – 1453)

John Fastolf John Talbot
Fastolf et Talbot, seigneurs de guerre anglais.

« Dans l’immédiat, il faut d’abord rétablir la situation militaire, car cela va de mal en pis. Sur la lancée d’Orléans, les Français ont pris Jargeau, le 12 juin ; le comte de Suffolk a été fait prisonnier ; puis c’est Beaugency qui tombe. Et le 18 juin, désastre, l’armée anglaise, pourtant commandée par ses meilleurs capitaines, Talbot, Fastolf, Scales, est complètement battue entre Orléans et Chartres, à la bataille de Patay, par des Français dirigés par Richemont, qu’on a enfin autorisé à revenir, La Hire, Xaintrailles, Gaucourt, Dunois, Alençon, La Fayette, le comte de Laval, Gilles de Rais, ce qui fait beaucoup de chefs. Bataille extrêmement confuse, où une mésentente entre Fastolf et Talbot provoque une panique et finalement la déroute. Les Anglais laissent 2000 morts et 200 prisonniers, dont Talbot et Scales. John Talbot, absolument furieux, accuse Fastolf d’être responsable de la déroute et d’avoir fui comme un lâche. La rivalité entre les deux hommes est déjà ancienne. Fastolf, qui avait capturé le duc d’Alençon à Verneuil, s’était plaint qu’on ne lui avait pas versé toute sa part de la rançon. En 1426, il avait reçu l’ordre de la Jarretière à la suite de ses succès dans le Maine, mais Talbot l’avait remplacé comme gouverneur d’Anjou et du Maine. Sa victoire à la bataille des harengs avait provoqué la jalousie de Talbot, qui se venge maintenant en l’accusant maintenant de couardise. Accusation reprise par le chroniqueur Monstrelet et qui semble être à l’origine de la caricature tout à fait injuste que Shakespeare fera du personnage, sous le nom de Falstaff, dans Henry IV. »

Extrait de la Guerre de Cent Ans de Georges Minois.