Blanchisseuses

 

blanchisseuses
Blanchisseuses sur les quais de Seine. Paris, vers 1860.

 

« Onze heures sonnaient. La moitié des laveuses, assises d’une jambe au bord de leurs baquets, avec un litron de vin débouché à leurs pieds, mangeaient des saucisses dans des morceaux de pains fendus. Seules, les ménagères venues là pour laver leurs petits paquets de linge, se hâtaient, en regardant l’œil-de-bœuf accroché au dessus du bureau. Quelques coups de battoir partaient encore, espacés, au milieu des rires adoucis et des conversations qui s’empâtaient dans un bruit glouton de mâchoires. »

Extrait de L’Assommoir d’Emile Zola.

Anciennes carrières de calcaire de Paris

catacombes-de-paris-03
A la lueur de la bougie, quelque part dans les profondeurs du Paris souterrain.

Une fois défermé et souchevé, un bloc de plusieurs tonnes n’aura plus qu’à tomber de son propre poids, au besoin, aidé de coins. Avec des rondins de bois, ce bloc de calcaire pourra être déplacé sur un sol toujours nivelé de manière à obtenir une faible inclinaison jusqu’à l’endroit où il sera ressorti à la surface, à main d’Homme, puis tiré par des animaux de bât. Les ouvriers sont devenus des carriers, exploitants de la carrière souterraine. La matière brute encore humide n’a plus qu’à être débitée en moellons, séchée pour durcir, taillée et utilisée pour les constructions. Sous terre, les vides se forment et deviendront des galeries ; les lieux d’extraction, des ateliers. Le gisement est généralement exploité en tournant autour d’une masse de roche dont on extrait les blocs jusqu’à ce qu’il n’en reste que le noyau, un pilier massif qui va servir à conforter les vides : c’est la technique dite « à pilier tourné ». S’éloignant des entrées de cavage, l’acheminement des pierres vers la surface sera facilité par le creusement de novelles fosses qui plus tard deviendront des puits dont on extraira le précieux matériaux au moyen de treuils.

Anciennes carrières de calcaire de Paris

catacombes-de-paris-02
A la lueur de la bougie, quelque part dans les profondeurs du Paris souterrain.

Depuis l’antiquité et jusqu’au XII ème siècle, l’exploitation à ciel ouvert des bancs de roche les plus accessibles va se poursuivre en suivant ces couches superficielles et en s’enfonçant peu à peu, plus profondément. Dès que les masses de terre à dégager pour accéder au gisement vont devenir trop importantes, une nouvelle technique verra le jour : l’exploitation souterraine de la pierre. Dans ces grandes fosses, l’Homme va commencer à creuser des galeries dans lesquelles on accède par de gigantesques entrées : les bouches de cavage. Au terme de l’évolution de cette technique, les blocs de pierre sont retirés par couche en utilisant au mieux les fissures naturelles verticales. Celles-ci sont agrandies de chaque côté à l’aide de lances, de pics et de coins permettant de délimiter la largeur du bloc qui va être extrait : c’est la technique du défermage. De la même manière, on utilise au mieux les strates horizontales de pierre plus ou moins dures pour détacher le bloc du banc de calcaire. La fine couche extrêmement tendre appelée le souchet se creuse facilement et tirera son nom de cette technique : le souchevage.

Hommage aux Poilus

poilu
Poilu de la Grande Guerre.

Pour le repos, le plaisir du militaire,
Il est là-bas à deux pas de la forêt
Une maison aux murs tout couverts de lierre
« Aux Tourlourous » c’est le nom du cabaret.
La servante est jeune et gentille,
Légère comme un papillon.
Comme son vin son œil pétille,
Nous l’appelons la Madelon
Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,
Ce n’est que Madelon mais pour nous c’est l’amour

Refrain :
Quand Madelon vient nous servir à boire
Sous la tonnelle on frôle son jupon
Et chacun lui raconte une histoire
Une histoire à sa façon
La Madelon pour nous n’est pas sévère
Quand on lui prend la taille ou le menton
Elle rit, c’est tout le mal qu’elle sait faire
Madelon, Madelon, Madelon !

Nous avons tous au pays une payse
Qui nous attend et que l’on épousera
Mais elle est loin, bien trop loin pour qu’on lui dise
Ce qu’on fera quand la classe rentrera
En comptant les jours on soupire
Et quand le temps nous semble long
Tout ce qu’on ne peut pas lui dire
On va le dire à Madelon
On l’embrasse dans les coins. Elle dit « veux-tu finir… »
On s’figure que c’est l’autre, ça nous fait bien plaisir.

Refrain

Un caporal en képi de fantaisie
S’en fut trouver Madelon un beau matin
Et, fou d’amour, lui dit qu’elle était jolie
Et qu’il venait pour lui demander sa main
La Madelon, pas bête, en somme,
Lui répondit en souriant :
Et pourquoi prendrais-je un seul homme
Quand j’aime tout un régiment ?
Tes amis vont venir. Tu n’auras pas ma main
J’en ai bien trop besoin pour leur verser du vin

Refrain

Paroles de La Madelon signée Charles-Joseph Pasquier (Bach)

Laboureur

laboratores
Charrue après les bœufs. Bas Poitou, vers 1790.

“…Tous les pays dont je viens de parler, renfermés dans l’enceinte que je trace, formaient donc par leur masse ce que l’on nommait improprement mais communément la Vendée, en parlant de cette guerre.

Tout ce qui se trouve en bas Poitou et dans l’Anjou est appelé en majeur partie : Bocage, et en effet est très fourré, principalement ce qui est dans la première de ces provinces.

Le Loroux est non loin des bords de la Loire, en Bretagne, et sur les confins de l’Anjou. Il est également très couvert, mais ce qui avoisine la rivière l’est un peu moins.

Le Bocage et le Loroux sont très fertiles et abondants en toutes choses nécessaires à la vie ; ce qui était sans doute une des causes de leur immense population, laquelle a moins été diminuée par la guerre que par les exactions et les massacres commis sous le commandement criminel du républicain Turreau.

Tout ce qui approchait la mer, et commandé par Charette et autres divisionnaires, tous égaux entre eux, formait ce que nous appelions dans ce temps : l’armée du Pays bas ; ce pays est pauvre, n’étant en beaucoup d’endroits que des Landes. Les terrains qui sont cultivés présentent un fourré bien utile à la guerre de partisans, mais infiniment moins propice que dans la partie de la Vendée dite le Bocage, sur laquelle cependant ces terrains ont un avantage, en ce que chaque champ se trouve séparé d’un autre par un fossé, et que la jetée est si haute, qu’elle forme une espèce de chemin couvert.”

Extrait des mémoires de Bertrand poirier de Beauvais. Commandant général de l’artillerie des armées de la Vendée.