Louis de Frotté (1766 – 1800)

Portrait de Louis de Frotté
Portrait de Louis de Frotté, chouan normand. d’après une peinture de Louise Bouteiller (1822).

« Avec mes lieutenants, je m’étais réfugié à la gentilhommière La Guyonnière, une demeure fortifiée du XVI ème siècle, cachée par un vallon et agrémentée d’un étang, située dans la paroisse de Vassy, près de la forêt de Saint-des-Bois dont les frondaisons épaisses nous protégeaient des maux de ces monstres tricolores.

Au mois de juin, j’appris avec stupeur la mort du petit Louis XVII que j’avais rêvé d’arracher à sa geôle du Temple.

Immense fut ma douleur, lorsque je sus qu’on avait laissé cet enfant mourir et qu’on l’avait, sans doute, empoisonné. J’étais affligé de savoir qu’on avait traité comme un pestiféré le fils de Louis XVI, qui avait rendu l’âme le lundi 8 juin 1795.

Alors là, madame, mademoiselle, monsieur, je sus que la guerre n’aurait de fin que lorsque mes ennemis m’auraient tué. Ceux-ci devaient savoir u’ils ne viendraient à bout de l’impitoyable combat que j’allais leur livrer qu’avec ma mort. Oh oui, je le jurais sur mon roi. Jusqu’à la mort de Louis XVII, il y avait certes eu des troubles ponctuels. Mais là, je conclus que la raie-publique venait de déclarer la reprises des hostilités.

[…] Je vous assure que le commencement de la guerre fut d’une étonnante facilité. Nous nous emparâmes des pays cotentinois et bocains. Nous entrâmes dans Courson, Clinchamps-la-Rivière, Saint-Christophe de Cheaulieu, Maugois, Saint-Pois et Vengeons.

Quelle joie de me rappeler que nous pûmes piller les arsenaux de la Haye-Pesnel, de Gravay et de Hambie ! Quel plaisir de me souvenir que le 19 juin, monsieur du Rosel s’empara de Saint-Sever !

Nos troupes étaient organisées, soudées et bien administrées, et effrayaient le procureur syndic de Coutances. Certes, nous vivions un drame. Car quand je me battais, je ne pouvais pas oublier l’enfant martyr, mort au Temple dans d’atroces conditions, indignes de ceux qui prônaient la liberté.

Et je me disais qu’en combattant cette infamies des bleus, nous vengions sa mort. Oui, je vengeais la mort de mon roi Louis XVI, de ma reine Marie-Antoinette et de mon petit roi Louis XVII, et cela ne se terminerait qu’avec mon dernier souffle, oh oui, mon Dieu, oh oui, mon roi, je me le jurais, question d’honneur. »

Extrait de Ma vie pour le roi ! Louis de Frotté, chouan normand d’Eric Leclercq.

 

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