Neptune

neptune
D’après une statue d’Antoine Coysevox (1640-1720). Paris, musée du Louvre, cour Marly. Crayon gras sur papier.

Neptune, dieu de l’océan, un des quatre groupe commandés pour la « rivière » du parc  de Marly, faisait pendant au bas de la cascade à la statue d’Amphitrite. Le modèle en plâtre est mis en place en 1699, et le marbre exécuté en 1705. Saisi au parc de Marly en 1796, le groupe ira décorer une fontaine à Brest en 1801.

Bataille de Jargeau (12 juin 1429)

bataille de Jargeau
Jeanne d’Arc insuffle la volonté de Dieu aux troupes françaises, leur assurant la victoire : « Agissez et Dieu agira ! »

Portée par sa victoire à Orléans, Jeanne d’Arc poursuit sur sa lancée. Au cours d’une campagne fulgurante, elle va s’emparer de Jargeau, le 12 juin 1429, et chasser les troupes anglaises de la vallée de la Loire. Son dessein est de faire « route libre et sûre » jusqu’à Reims, où elle veut que le dauphin Charles, le futur Charles VII, soit sacré sans tarder.

Jeanne d’Arc met de nouveau fin avec détermination aux atermoiements des capitaines, notamment aux hésitations d’Alençon, qui juge toute tentative d’attaque prématurée : « Jeanne elle-même me dit : Avant, gentil duc, à l’assaut! N’ayez doute, l’heure est prête quand il plaît à Dieu (…) Agissez et Dieu agira! En nom Dieu, il les faut combattre; s’ils étaient pendus aux nues nous les aurons, puisque Dieu nous envoie pour les punir (…). Le gentil roi aura aujourd’hui la plus grande victoire qu’il eut jamais. Et m’a dit mon conseil qu’ils sont tous nôtres », insiste la Pucelle. Son « conseil », c’est à dire ses « voix », l’a assuré de la victoire et c’est avec confiance qu’elle entraîne ses troupes au combat.

Peu après le début de la bataille, Jeanne grimpe à une échelle et s’élance à l’assaut des remparts en brandissant son étendard. Soudain, elle est atteinte à la tête par une pierre qui entraine sa chute. Mais Jeanne se relève aussitôt et exhorte ses compagnons : « Amis, amis, sus, sus! Notre Sire a condamné les Anglais. A cette heure, ils sont nôtres ; ayez bon coeur! » Alors que le combat fait rage, Suffolk  réclame des pourparlers afin de négocier une trêve dans l’attente d’éventuels renforts. Mais il est trop tard. Dans un irrésistible élan, les Français s’emparent de Jargeau, puis se lancent à la poursuite de l’ennemi. Tandis que Suffolk est fait prisonnier, ses troupes se replient en désordre vers Meung-sur-Loire et Beaugency. Cette dernière place tombera quelques jours plus tard. Le 17 juin, dans la plaine de Beauce, Jeanne disposera ses armées en ordre de bataille et remportera une nouvelle victoire, à Patay.

Jacques Bainville (1879 – 1936)

Jacques Bainville
Portrait de Jacques Bainville. Feutre noir sur papier.

Historien et journaliste visionnaire doté d’une immense curiosité intellectuelle, Jacques Bainville est très vite séduit par le maître de Martigues, Charles Maurras, champion de la cause monarchiste.

Jusqu’à son dernier souffle, Bainville accompagne le mouvement monarchiste et écrit régulièrement dans son journal, L’Action française, partageant pendant plus de vingt ans son bureau avec le grand Léon Daudet, fils d’Alphonse Daudet. Bainville y développe des vues prophétiques sur l’Europe dont la justesse et la pertinence laissent, aujourd’hui encore, pantois.

Ainsi, Bainville démontre avec finesse et brio que les clauses politiques du traité de Versailles contiennent les germes d’un autre conflit et résume la paix de Versailles dans une formule cinglante et juste : « Une paix trop douce pour ce qu’elle a de dur et trop dure pour ce qu’elle a de doux ». En d’autres termes, Bainville fut le premier à voir pointer la seconde guerre mondiale et ce dès 1919.

Observateur clairvoyant et lucide de son temps, Bainville eut mérité de faire partie des grands auteurs toujours lus. Styliste élégant, ses meilleurs extraits mériteraient de figurer au programme des cours de Français ou d’Histoire. Il n’en est malheureusement rien car la raie-publique, préférant le mensonge et la manipulation à la vérité, use encore et toujours de son arme totalitaire la plus vile, la plus inique et la plus fourbe : la diabolisation.

Ainsi, la lecture des œuvres de Jacques Bainville est aujourd’hui limitée, statistiquement parlant, à une infime partie de la population. La diabolisation et le mensonge à la sauce républicaine sont des armes redoutables pour maintenir la population dans l’ignorance, dans la bêtise et donc dans la dictature du consumérisme, de la vile jouissance, de l’irréflexion et de la précipitation obligatoire. L’égalité pour tous dans la bassesse, le nivellement par le bas des masses, est une terrible réalité républicaine. L’homme dont l’intelligence ne sert pas est mûr pour l’esclavage. CQFD.

John Fastolf (1378 – 1459), John Talbot (1384 – 1453)

John Fastolf John Talbot
Fastolf et Talbot, seigneurs de guerre anglais.

« Dans l’immédiat, il faut d’abord rétablir la situation militaire, car cela va de mal en pis. Sur la lancée d’Orléans, les Français ont pris Jargeau, le 12 juin ; le comte de Suffolk a été fait prisonnier ; puis c’est Beaugency qui tombe. Et le 18 juin, désastre, l’armée anglaise, pourtant commandée par ses meilleurs capitaines, Talbot, Fastolf, Scales, est complètement battue entre Orléans et Chartres, à la bataille de Patay, par des Français dirigés par Richemont, qu’on a enfin autorisé à revenir, La Hire, Xaintrailles, Gaucourt, Dunois, Alençon, La Fayette, le comte de Laval, Gilles de Rais, ce qui fait beaucoup de chefs. Bataille extrêmement confuse, où une mésentente entre Fastolf et Talbot provoque une panique et finalement la déroute. Les Anglais laissent 2000 morts et 200 prisonniers, dont Talbot et Scales. John Talbot, absolument furieux, accuse Fastolf d’être responsable de la déroute et d’avoir fui comme un lâche. La rivalité entre les deux hommes est déjà ancienne. Fastolf, qui avait capturé le duc d’Alençon à Verneuil, s’était plaint qu’on ne lui avait pas versé toute sa part de la rançon. En 1426, il avait reçu l’ordre de la Jarretière à la suite de ses succès dans le Maine, mais Talbot l’avait remplacé comme gouverneur d’Anjou et du Maine. Sa victoire à la bataille des harengs avait provoqué la jalousie de Talbot, qui se venge maintenant en l’accusant maintenant de couardise. Accusation reprise par le chroniqueur Monstrelet et qui semble être à l’origine de la caricature tout à fait injuste que Shakespeare fera du personnage, sous le nom de Falstaff, dans Henry IV. »

Extrait de la Guerre de Cent Ans de Georges Minois.