Jean de La Bruyère (1645 – 1696)

La Bruyère

“Une femme est aisée à gouverner, pourvu que ce soit un homme qui s’en donne la peine.”

“Les femmes vont plus loin en amour que la plupart des hommes ; mais les hommes l’emportent sur elles en amitié.”

“La plupart des hommes emploient la meilleure partie de leur vie à rendre l’autre misérable.”

“Le temps, qui fortifie les amitiés, affaiblit l’amour.”

“L’esclave n’a qu’un maître ; l’ambitieux en a autant qu’il y a de gens utiles à sa fortune.”

“C’est une grande misère que de n’avoir pas assez d’esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire.”

“On ne doit pas juger du mérite d’un homme par ses grandes qualités, mais par l’usage qu’il en sait faire.”

“Le trop d’attention qu’on met à observer les défauts d’autrui fait qu’on meurt sans avoir eu le temps de connaître les siens.”

“Celui qui ne sait rien croit enseigner aux autres ce qu’il vient d’apprendre lui-même ; celui qui sait beaucoup pense à peine que ce qu’il dit puisse être ignoré.”

“Il n’y a au monde que deux manières de s’élever, ou par sa propre industrie, ou par l’imbécillité des autres.”

Florilège de citations extraites des Caractères, Jean de La Bruyère.

 

 

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Noël

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Il est né le divin enfant,
Jouez hautbois, résonnez musettes !
Il est né le divin enfant,
Chantons tous son avènement !

Depuis plus de quatre mille ans,
Nous le promettaient les prophètes
Depuis plus de quatre mille ans,
Nous attendions cet heureux temps.

Dagobert III (vers 699 – 715)

Dagobert III
Chroniques des temps Mérovingiens

C’est vers 699 que Dagobert III, roi Mérovingiens, voit le jour. Il est le fils et le successeur du roi Childebert IV. Dagobert III accède au trône à l’âge de 12 ans et meurt moins de 5 années plus tard. Mineur pendant toute la durée de son règne, ce sont les Maires du Palais qui exerceront le pouvoir en son nom. À son avènement, le maire du palais en Austrasie est le puissant Pépin de Herstal. En Neustrie le maire du palais est Grimoald le Jeune, fils cadet de Pépin de Herstal.

« En ces jours, mourut le roi Childebert, qui fut enseveli à Choisy dans la basilique du saint martyr Étienne, après avoir régné seize ans. Son fils Dagobert reçut le trône de son père. Dès lors, Grimoald prit pour épouse, la fille de Radbod, le duc des Frisons. Pépin, aussi tomba malade à Jupille sur la Meuse. Comme le même Grimoald était venu lui rendre visite et qu’il s’était rendu pour prier dans la basilique du saint martyr Lambert, il fut sauvagement tué par un homme impie nommé Rantgar. Après cela Théodoald, son tout jeune fils, reçut à sa place la mairie du palais aux côtés dudit roi Dagobert. » Extrait du chapitre 7 de la Continuation de la Chronique de Frédéfaire.

« Dans l’époque qui suivit, aussi, le même duc Pépin, tomba malade et mourut, après avoir dirigé le peuple des Francs pendant vingt-sept ans et demi. Il laissa derrière lui son fils Charles. Après son décès, aussi, ladite dame Plectrude prenait tout sous son autorité et son gouvernement. Finalement, les Francs, à leur tour, entrèrent en sédition après avoir en vain tenu conseil, rassemblèrent une armée dans la forêt de Cuise et engagèrent le combat contre Théodoald et les leudes du défunt Pépin et de Grimoald ; là, une armée considérable tomba. C’est ainsi que Théodoald, éloigné de ses compagnons, fut mis en fuite et s’échappa. Grandes et terribles furent les violences et les représailles qui s’ensuivirent parmi la nation des Francs. Dans les mêmes temps, ils choisirent alors pour la mairie du palais un Franc nommé Raganfred. Ils lèvent des forces armées et se hâtent jusqu’à la Meuse en dévastant tout. Un traité est conclu avec le duc Radbod. En ces jours, le duc Charles, qui était tenu sous bonne garde par ladite femme Plectrude, fut avec l’aide de Dieu, libéré. » Extrait du chapitre 8 de la Continuation de la Chronique de Frédéfaire.

Jehan Ango (1480 – 1551)

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Jehan Ango, corsaire Dieppois.

Depuis 1494 et le traité de Tordesillas, les royaumes d’Espagne et de Portugal se partagent l’océan Atlantique ainsi que toutes les terres – inconnues ou non – qui le bordent, et cela sous l’égide de la papauté. Un monopole hispano-portugais jalousement gardé car le roi Jean III de Portugal va jusqu’à interdire aux navires français de croiser dans les eaux brésiliennes et guinéennes.

Est-il nécessaire de rappeler que les deux royaumes ibériques avaient alors pris une avance considérable en matière d’exploration maritime ? On se souvient de la première Circumnavigation bouclée par Magellan en 1519 tandis qu’au même moment Hernán Cortés faisait la conquête du MexiqueFrançois Ier, roi de France, ne tolère pas ce monopole illégitime, ce partage arbitraire du Nouveau Monde. Mais c’était sans compter sur le dieppois Jehan Ango…

Depuis le Moyen Âge, le port de Dieppe avait développé, en plus de la pêche, l’artisanat de l’ivoire à partir des dents de cachalot. On raconte que dès le XIIIe siècle, des navigateurs dieppois auraient été les premiers à accoster en Côte d’Ivoire afin d’y rapporter des défenses d’éléphants pour leurs ateliers. C’est de ce moule de grands navigateurs dieppois qu’est issu l’intrépide Jehan Ango.

Concernant le commerce régulier de l’ivoire, l’armateur Jehan Ango y fait très vite son trou et se bâtit un début de fortune. Mais c’est dans la guerre de course, avec l’appui de Marguerite d’Angoulême (sœur du roi François Ier) dont il est l’ami, que Jehan Ango va réellement acquérir sa notoriété ainsi qu’une fortune prodigieuse.

Ses coups de main sur les mers sont autant de répliques aux portugais et aux espagnols qui prétendent saisir tout navire autre que les leurs s’aventurant sur les côtes d’Afrique.

C’est en 1522 que Jehan Ango réalise sa plus belle prise qui constituera la base de son immense fortune. Avec un de ses plus fidèles capitaines (Jehan Fleury), il vole le somptueux trésor de Guatimozin (dernier empereur aztèque) que Hernán Cortés convoyait depuis le Mexique à bord de trois caravelles. Ce trésor inestimable, en fait destiné à Charles Quint, finira sa course en bonne terre Normande. Il comprenait une émeraude en forme de pyramide dont la base avait la grandeur d’une paume, de la vaisselle d’or et d’argent, bijoux et pierreries en tout genre, des idoles enchassées de pierres fines, ainsi qu’une multitude de divers parures toutes plus précieuses les unes que les autres… des objets divers d’une valeur artistique ou historique inestimable.

Mais au delà de la dimension financière, cette prise comprenait également le rapport de Hernán Cortés sur sa conquête mexicaine, et surtout les cartes des pilotes espagnols, ce qui permit à Jehan Ango de lancer de futures expéditions par delà l’Atlantique.

C’est ainsi que Jehan Ango lance une foule d’expéditions maritimes comme celle du florentin Verrazano qui explore la côte nord-américaine entre Floride et Terre Neuve afin d’y découvrir un accès donnant sur l’océan Pacifique. Ce voyage permettra d’identifier la célèbre baie du fleuve Hudson et l’implantation de la future New York (alors baptisé Nouvelle-Angoulême).

Jehan Ango est également à l’origine de la découverte de Terre Neuve par Aubert ainsi que de l’archipel indonésien des Moluques par les frères Jean et Raoul Parmentier.

En récompense de ses succès, l’armateur Jehan Ango est nommé gouverneur de Dieppe par François Ier. Le port normand devient alors le plus important du royaume et comptera jusqu’à environ 40.000 habitants, un chiffre considérable pour l’époque.

Entre 1530 et 1544, Jehan Ango fait édifier par de grands artistes italiens sa résidence d’été près de Varengeville-sur-mer : le Manoir d’Ango, à propos duquel Honoré de Balzac écrivait “Cette charmante construction, due à la bourgeoisie du seizième siècle, et qui complète si bien l’histoire de ce temps, où le roi, la noblesse et la bourgeoisie luttaient de grâce, d’élégance et de richesse dans la construction de leurs demeures, témoin Varengeville, le splendide Manoir d’Ango.”