Joseph de Maistre (1753 – 1821)

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Portrait de Joseph de Maistre, premier génie de la pensée anti-démocrate et contre-révolutionnaire.

« Nous sommes tous attachés au trône de l’Être Suprême par une chaîne souple, qui nous retient sans nous asservir. »

« Un des plus grands crimes qu’on puisse commettre, c’est sans doute l’attentat contre la souveraineté, nul n’ayant des suites plus terribles. Si la souveraineté réside sur une tête, et que cette tête tombe victime de l’attentat, le crime augmente d’atrocité. »

« Le mal n’a rien de commun avec l’existence ; il ne peut créer, puisque sa force est purement négative : le mal est le schisme de l’être ; il n’est pas vrai. Or ce qui distingue la révolution « française », et ce qui en fait un événement unique dans l’histoire, c’est qu’elle est mauvaise radicalement ; aucun élément de bien n’y soulage l’œil de l’observateur : c’est le plus haut degré de corruption connu ; c’est la pure impureté. »

« Comment croire que cette prétendue « liberté » puisse naître (car elle n’existe point encore), et que du sein de la corruption la plus dégoûtante, puisse sortir cette forme de gouvernement qui se passe de vertus moins que toutes les autres ? Lorsqu’on entend ces prétendus républicains parler de « liberté » et de « vertu », on croit voir une courtisane fanée, jouant les airs d’une vierge avec une pudeur de carmin. »

« La nation française ne veut point de ce gouvernement républicain ; elle le souffre, elle y demeure soumise, ou parce qu’elle ne le peut secouer, ou parce qu’elle craint quelque chose de pire. »

« Il y a dans la révolution « française » un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu et de tout ce qu’on verra. »

« Les libertés, dans un sens, furent toujours un don des rois ; car toutes les nations libres furent constituées par des rois. C’est la règle générale, et les exceptions qu’on pourrait indiquer, rentreraient dans la règle, si elles étaient discutées. »

« La constitution de 1795, tous comme ses ainées, est faite pour « l’homme ». Or, il n’y a point « d’homme » dans le monde. J’ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc. je sais même, grâces à Montesquieu, qu’on peut être Persan : mais quant à « l’homme », je déclare ne l’avoir jamais rencontré de ma vie ; s’il existe, c’est bien à mon insu. »

« Si les constitutions étaient faites pour les Français, la force invincible de l’expérience leur gagnerait tous les jours de nouveaux partisans : or, il arrive précisément le contraire ; chaque minute voit un nouveau déserteur de la démocratie […] et les voyageurs les plus clairvoyants et les plus désintéressés, qui ont parcouru la France disent d’une commune voix : C’est une république sans républicains. »

« Pour celui qui examine tout, il peut être intéressant d’observer que, de toutes les parures révolutionnaires, les seules qui aient une certaine consistance sont l’écharpe et le panache, qui sont empruntés à la chevalerie. Elles subsistent, quoique flétries, comme ces arbres de qui la sève nourricière s’est retirée, et qui n’ont encore perdu que leur beauté. Le fonctionnaire public, le représentant du peuple, chargés de ces signes déshonorés que sont ces torchons tricolores, ressemblent assez bien au voleur qui brille sous les habits de l’homme qu’il vient de dépouiller. »

« Je ne sais si je lis bien, mais je lis partout la nullité de ce gouvernement républicain. »

« Les lois sont sans vigueur, le gouvernement reconnaît son impuissance pour les faire exécuter ; les crimes les plus infâmes se multiplient de toutes parts ; le démon révolutionnaire relève fièrement la tête ; la Constitution n’est qu’une toile d’araignée, et le pouvoir se permet d’horribles attentats. Le mariage n’est qu’une prostitution légale ; il n’y a plus d’autorité paternelle, plus d’effroi pour le crime, plus d’asile pour l’indigence. Le hideux suicide dénonce au gouvernement le désespoir des malheureux qui l’accusent. Le peuple se démoralise de la manière la plus effrayante ; et l’abolition du culte, jointe à l’absence totale d’éducation publique, prépare à la France une génération dont l’idée seule fait frissonner. »

« La révolution a beaucoup fait souffrir, parce qu’elle a beaucoup détruit : parce qu’elle a violé brusquement et durement toutes les propriétés, tous les préjugés, toutes les traditions et toutes les coutumes ; parce que la tyrannie plébéienne étant, de sa nature, fougueuse, insultante et impitoyable, celle qui a opéré la révolution « française » a dû pousser ce caractère à l’excès ; l’univers n’ayant jamais vu de tyrannie plus basse et plus absolue. »

Florilège de citations de Joseph de Maistre extraites des Considérations sur la France (1796).

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