Médiocres despotes scélérats

scélérat
Sinistre brochette d’assassins, de traitres, de médiocres, d’usurpateurs et de tyrans. Avec de gauche à droite : Georges Couthon, Maximilien Robespierre, Louis Antoine de Saint Just, Jean-Paul Marat, Georges Jacques Danton, Jean-Marie Collot d’Herbois, Jacques-René Hébert.

« On a remarqué, avec grande raison, que leur Révolution « française » mène les hommes plus que les hommes ne la mènent. Cette observation est de la plus grande justesse ; et quoiqu’on puisse l’appliquer plus ou moins à toutes les grandes révolutions, cependant elle n’a jamais été plus frappante qu’à cette époque.

Les scélérats même qui paraissent conduire la révolution, n’y entrent que comme simple instrument ; et dès qu’ils ont la prétention de la dominer, ils tombent ignoblement.

Ceux qui ont établi la république, l’ont fait sans le vouloir et sans savoir ce qu’ils faisaient ; ils y ont été conduits par les événements : un projet antérieur n’aurait pas réussi.

Jamais Robespierre, Collot d’Herbois, Saint Just ou Barrère, ne pensèrent à établir le gouvernement révolutionnaire et le régime de la terreur ; ils y furent conduits insensiblement par les circonstances, et jamais on ne reverra rien de pareil. ces hommes, excessivement médiocres, exercèrent sur une nation coupable le plus affreux despotisme dont l’histoire fasse mention, et sûrement ils étaient les hommes du royaume les plus étonnés de leur puissance.

Mais au moment même où ces tyrans détestables eurent comblé la mesure de crimes nécessaires à cette phase de la révolution, un souffle les renversa. Ce pouvoir gigantesque, qui faisait trembler la France et l’Europe, ne tint pas contre la première attaque ; et comme il ne devait y avoir rien de grand, rien d’auguste dans cette révolution toute criminelle, la Providence voulut que le premier coup fût porté par des « septembriseurs », afin que la justice même fût infâme.

Plus on examine ces sinistres individus en apparence les plus actifs de la révolution, et plus on trouve en eux quelque chose de passif et de mécanique. On ne saurait trop le répéter, ce ne sont point les hommes qui mènent les révolutions, c’est la révolution qui emploie les hommes.

Voyez comment le crime sert de base à tout cet échafaudage républicain ; ce mot de « citoyen » qu’ils ont substitué aux formes antiques de la politesse, ils le tiennent des plus vils humains : ce fut dans une de leurs orgies législatrices que des brigands inventèrent ce nouveau titre. Le calendrier de la république qui ne doit point seulement être envisagé par son côté ridicule, fut une conjuration contre le culte ; leur ère date les plus grands forfaits qui aient déshonoré l’humanité : ils ne peuvent dater un acte sans se couvrir de honte, en rappelant la flétrissante origine d’un gouvernement dont les fêtes font même pâlir.

Est-ce donc de cette fange sanglante que doit sortir un gouvernement durable ? Qu’on ne nous objecte point les mœurs féroces et licencieuses des peuples barbares qui sont cependant devenus ce que nous voyons : l’ignorance barbare a présidé, sans doute, à nombre d’établissements politiques ; mais la barbarie savante, l’atrocité systématique, la corruption calculée, et surtout l’irréligion, n’ont jamais rien produit. La verdeur mène à la maturité ; la pourriture ne mène à rien. »

Extraits des Considérations sur la France de Joseph de Maistre (1796)

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