John Law ou l’effroyable imposture du papier-monnaie (1715 – 1720)

John-Law
Le bossu de la rue de Quincampoix. La légende raconte qu’on se servait du dos de ce bossu pour remplir et signer la paperasse de la banque John Law. Paris, vers 1719.

En 1715, Louis XIV, lorsqu’il mourut, avait déjà vu mourir tout ses fils et petit-fils. La couronne revint donc à son arrière petit-fils, Louis XV. Mais compte tenu de son jeune âge, on confia à un neveu de Louis XIV, un certain Philippe d’Orléans, le soin de régenter le royaume en attendant la majorité du jeune roi.

À sa mort, Louis XIV avait laissé les caisses du royaume désespérément vides et les impôts ne suffisaient plus à les remplir. La dette du royaume était alors estimée à 2 milliards de livres (une goutte d’eau comparé à la dette actuelle de leur république finissante : 2 mille milliards d’euros).

C’est pendant cette période de régence tourmentée sur le plan économico-financier qu’un charlatan Écossais huguenot nommé John Law intervint dans les affaires du royaume. Il convainquit Philippe d’Orléans que tout le mal provenait de l’étalonnage de l’économie sur les métaux précieux, lourds, incommodes et rares.

À la place d’une monnaie or (ou argent), John Law proposa de mettre en circulation du papier-monnaie qui serait gagé sur la richesse engendrée par les nouveaux échanges. Naïf et idiot, le régent se laissa berner et donna carte blanche au voyou Écossais pour déréguler l’économie du royaume.

21 ans après la fondation de la Banque d’Angleterre, dont tout bon initié connait le rôle historique de fauteuse et de profiteuse de guerre, John Law fonda en plein cœur de Paris un établissement bancaire situé rue de Quincampoix.

La Banque de John Law émit alors trois milliards de billets convertibles en espèce avec une encaisse de 500 millions de métaux seulement ! Un véritable panier percé pour escroquer l’ensemble des travailleurs. Ces morceaux de papier, qu’on appelait déjà “billet”, circulèrent comme une véritable monnaie avec laquelle on pouvait commercer et payer ses impôts, tout ceci afin d’éviter la thésaurisation et relancer les échanges pour assurer la prospérité : la confiance s’instaura.

Afin de pouvoir verser des dividendes aux actionnaires, on se servit de la compagnie des Indes et on créa la compagnie du Mississippi (pour développer la Louisianne). La banque de John Law connut un succès fulgurant : les actions des compagnies s’arrachèrent avec frénésie dans la tumultueuse rue de Quincampoix.

Beaucoup de ces actions furent allouées à des créanciers de l’État ce qui permit à ce dernier d’éponger rapidement sa dette. Les parisiens se ruaient quotidiennement rue de Quincampoix pour acheter ces actions dont le cours grimpait inlassablement.

Paris fut pris dans la tempête mortifère de la spéculation et très vite, des fortunes colossales virent le jour. On vit ainsi de simples roturiers acquérir des domaines avec domestiques et fêtes tapageuses. Appâtés par des bénéfices merveilleux, les travailleurs se mirent à vendre du concret pour acheter du vent. Le château de cartes John Law se dressait peu à peu et Paris faisait la nauséabonde expérience de l’argent facile.

Cette fièvre spéculatrice abatit pour un court instant les barrières sociales, on mit de côté l’ordre morale qui équilibrait jusqu’alors la société.

Par ailleurs, cette course effrénée au profit basé sur rien s’accompagna bien vite de troubles publics, de bagarres, de crimes et de délits à tel point que les autorités installèrent des grilles pour fermer la rue de Qincampoix chaque soir et rétablir l’ordre.

En outre, il convient de préciser que la conditon du succès durable du système Law était le développement donc le peuplement de la Louisianne dont la compagnie exigeait sa main-d’œuvre.

Ainsi, la compagnie paya des groupes appelés “Bandouliers du Mississippi” chargés d’arrêter, de rapter, de kidnapper les gens de rien, les miséreux que le mirage Law avait attirés à Paris comme des mouches. En quelques jours, les bandouliers raflèrent plus de 5 000 vagabonds, enfants de pauvres, manœuvriers, nécessiteux et poreux de Paris et de ses alentours. La panique envahit alors les villages et les faubourgs de Paris.

Entre avril et mai 1720, de violentes émeutes éclatèrent : les bandouliers furent traqués, bastonnés, défenestrés, lapidés, massacrés par une foule de poreux armés de gourdins. Rien n’allait plus dans le système Law.

Mais le pire éclata en février 1720 lorsque les plus gros actionnaires, vite suivis par des milliers de petits porteurs, exigèrent le paiement de leurs actions en monnaie métallique. Le cours des actions s’effondra en un rien de temps, la panique se généralisa aux quatres coins du royaume. Partout, à Paris comme en Province, les émeutes redoublèrent d’intensité.

Ceux qui avaient cru pouvoir jouir sans entrave se retrouvèrent fauchés comme les blés et, du jour au lendemain, on vit déambuler dans Paris une populace désargentée, ou plutôt escroquée.

Le 10 octobre de la même année, un arrêté prononça la suspension du cours du papier-monnaie… Le système Law avait vécu mais le ver était dorénavant dans le fruit.

Sources : Barthélémy Marmont Du Hautchamp, Histoire du Système des finances sous la minorité de Louis XV pendant les années 1719 et 1720. Edgar Faure, La Banqueroute de Law, 17 juillet 1720. Marion Sigaut, De la centralisation monarchique à la révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants.

Difficile de ne pas établir des ponts entre le Système Law et le Système financier actuel (toute proportions gardées). De la rue de Quincampoix à Wall Street il n’y a qu’un pas. Néanmoins, les manuels “scolaires” de la Rééducation Anti-nationale et les journalopes des merdias, tous aux ordres de ce Système financier maudit, ne mentionnent jamais cette triste histoire pour illustrer la grande crise mondiale actuelle. Pourtant, tout se tient, tout fait sens et nous étions prévenus. Il n’y a rien à attendre d’un système qui brade le concret pour acheter du vent. De même qu’il n’y a rien à attendre de l’Argent quand on le divinise…

Aujourd’hui tout a été pensé et conçu pour que les peuples puissent être impunément tondus à zéro par la Finance mondialisée sans jamais se poser de question quant au fonctionnement de ce Système totalitaire. Les journalopes détournent notre attention avec des salades d’égorgeurs barbus aux ordres des services secrets français et de la CIA pour entretenir un choc des civilisations qui servira à masquer la faillite imminente des banques. La Rééducation Anti-nationale, de son côté, fait la promotion de la pédérastie dans les écoles maternelles tandis qu’une mafia cosmopolite de boute-en-train occupe et usurpe illégitimemment le paysage télévisuel pour finir de décérébrer la masse afin que celle-ci n’y comprenne plus rien.

En réalité, le Système Law fut le bourgeon qui permit l’éclosion de la tyrannie bourgeoise et libérale opposée à la monarchie et à l’ordre chrétien qui, loin d’opprimer le peuple, était le juste bouclier des plus faibles contre les puissants et la consolation des plus démunis.

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2 réflexions sur “John Law ou l’effroyable imposture du papier-monnaie (1715 – 1720)

  1. Alors là, bravo.
    « Le système Law avait vécu mais le ver était dorénavant dans le fruit. »
    Et le loup dans la bergerie…
    Cette histoire est une vraie parabole.
    Et, bien-sûr, naturellement, évidemment, les Orléans, toujours dans les bons coups…

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