Combat de gladiateurs

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Ave Caesar, morituri te salutant.

Du pain et des jeux. Rétiaire contre mirmillon. Colisée de Rome, vers 50 av. J.C.

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Joute équestre

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Joute équestre. Artois, vers 1330.

Moi hobereau sans héritage
Des mes sept ans j’eus le bonheur
D’accomplir mon apprentissage
En votre cour, noble seigneur.
Eduqué mieux que serviteur
De la quintaine à l’écurie
Je reçu de votre grandeur
Les lois de la chevalerie.

Prince, toujours fort et vainqueur
Au nom de votre seigneurie
Je prônerai, suprême honneur,
Les lois de la chevalerie.

Gaston d’Orléans (1608 – 1660)

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Troisième fils d’Henri IV et de Marie de Médicis, petit frère de Louis XIII, ce prince de sang fougueux, velléitaire et inconstant mais cultivé et raffiné – comme tout noble de son temps –  a passé l’essentiel de son existence à conspirer contre son frère Louis XIII et Richelieu d’abord. Contre sa belle sœur Anne d’Autriche et le cardinal de Mazarin ensuite.

Invariable dans sa religion aristocratique, il en avait aveuglément suivi les maximes quand il jugea convenable de prendre les armes face à une monarchie de plus en plus absolutiste et centralisée. Gaston d’Orléans se voulait le grand défenseur d’une monarchie mixte avec représentation des corps sociaux à travers des assemblées d’États Provinciaux, le tout soutenu par une noblesse de province, traditionaliste et puissante.

Quoiqu’il n’adoptât pas le bellicisme acharné d’un Charles le Téméraire, dernier grand féodal, Gaston d’Orléans céda néanmoins, s’il est permis de se servir de cette expression, aux cancans des complots, des conspirations et des trahisons très en vogue en ces temps troublés.

D’abord au commandement de l’armée royale qui assiégea La Rochelle protestante, on retrouva par la suite Gaston d’Orléans aux côté du duc de Montmorency à la tête d’une troupe de mercenaires, appelant le royaume à la révolte. Avec cet esprit rétif qui distingue la noblesse de vieille roche chez laquelle le souvenir de la Sainte Ligue et des barricades n’est pas encore éteint, Gaston d’Orléans fit de l’absolutisme royal la bête noire à abattre.

Entré en grâce auprès d’un Louis XIII mourant, Gaston d’Orléans fut finalement nommé lieutenant général du royaume après une longue série d’intrigues.

Gaston d’Orléans mena alors une campagne militaire victorieuse et rapide contre les Espagnols. Il conquit une partie du Comté de Flandres. Mais profitant de la minorité du roi Louis XIV, Gaston d’Orléans, animé par la fougue et la vigueur de l’aristocrate enraciné dans ses traditions tel un vieux chêne dans sa terre, reprit les armes dans le cadre de la Fronde.

Après avoir échappé à tous les dangers qui menaçaient ces aristocrates retors durant cette orageuse époque du XVII ème siècle, Gaston d’Orléans fut finalement exilé, sur ordre de Mazarin, dans son château de Blois où il mourut en 1660. Gaston d’Orléans fut inhumé en la basilique Saint-Denis, ultime privilège pour un prince de sang royal.

L’Histoire se rappellera aussi de Gaston d’Orléans comme l’un des grands queutards de son siècle. Amateur de baveux bien chauds autant que de cons bien chassieux, les poèmes érotiques, parties de débauche et chansons à boire constituaient ses passe-temps favoris. À ta santé Gaston !

Château d’Anet

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Le château d’Anet et son célèbre portique d’entrée.

De vostre Dianet – de vostre nom j’appelle
Vostre maison d’Anet – la belle architecture,
Les marbres animez, la vivante peinture,
Qui la font estimer des maisons la plus belle.

Joachim du Bellay, Les Regrets.

 

Construit au XVI ème siècle sous la direction de l’architecte Philibert de l’Orme, du sculpteur Jean Goujon et du peintre jean Cousin, le château d’Anet est un château de style Renaissance commandé par Henri II pour sa favorite Diane de Poitiers.

La château d’Anet servit pour le tournage des premières scènes du James Bond Opération Tonnerre (1965). Le portique d’entrée semblerait, quant à lui, avoir inspiré Tim Burton pour le château qu’il mit en scène dans Edward aux Mains d’Argent (1990).

 

Diane de Poitiers (1500 – 1566)

Diane de Poitiers au château d’Anet, vers 1545.

Fille de Jean de Poitiers, Diane de Poitiers fut pendant plus de 20 ans la favorite du roi de France Henri II qui était alors marié à Catherine de Médicis. Diane de Poitiers comptait 20 printemps de plus qu’Henri II mais malgré cela, il semble que les deux êtres se soient toujours aimés sincèrement.

Comme beaucoup de femme de son temps, Diane de Poitiers était dotée d’un sens aigu du pouvoir et de ses intérêts financiers. Elle exerça une grande influence sur Henri II et bénéficia de bon nombre de dons, faveurs, privilèges et honneurs.

Entre autres cadeaux et largesses que lui offrit Henri II, on pourrait citer les bijoux de la couronne, un hôtel parisien, mais aussi de nombreuses terres, tels que le duché d’Étampes ou encore la propriété royale de Chenonceaux, qui vinrent s’ajouter à ses propriétés de Breval, de Nogent et d’Anet.

Grande mécène et promotrice dans les domaines de l’art, des lettres et de l’architecture, Diane de Poitiers fit travailler un grand nombre de peintres, sculpteurs (comme Jean Goujon) et architectes dont le fameux Philibert de l’Orme qu’elle fit nommer surintendants des bâtiments royaux et dont l’œuvre la plus emblématique est le château d’Anet aujourd’hui grande partie détruit.

Après la mort accidentelle d’Henri II survenue le 10 juillet 1559, Diane de Poitiers se retira dans son château d’Anet où elle mourut à l’âge de 66 ans.

Diane de Poitiers fut inhumée dans l’église du village puis transférée quelques années plus tard dans la chapelle sépulcrale du château d’Anet.

En 1795, lors de l’enfer révolutionnaire anti-français, la sépulture de Diane de Poitiers fut profanée par deux infâmes commissaires de la Sûreté Générale. Le corps de Diane, parfaitement conservé, fut jeté dans une fosse commune creusée près de l’église, son sarcophage fut transformé en auge à cochon et le socle en plomb fut utilisé par les révolutionnaires pour fabriquer des « balles patriotes ».

Vers 1960, la chapelle et son tombeau (vide) furent restaurés et retrouvèrent leur aspect initial.

En 2008, une équipe de chercheur parvint à retrouver les restes de Diane de Poitiers dont l’identification fut formellement fondée sur une fracture d’un tibia. Mais les chercheurs découvrirent dans le squelette de la favorite une concentration en or 500 fois supérieure à la normale. En effet, afin de préserver sa jeunesse et sa beauté pour l’amour d’Henri II, Diane de Poitiers avait pour habitude d’absorber chaque matin au réveil un élixir de jouvence à base d’or que ses chirurgiens lui prescrivaient. Et c’est en fait cette cure de jouvence dorée qui lui fut fatale.

Jeanne d’Albret (1528 – 1572)

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Jeanne III d’Albret. Reine de Navarre, princesse de Bois-Belle, duchesse d’Albret, comtesse de Foix, du Périgord, de Rodez, d’Armagnac, de Fézensac, de Bigorre, de Dreux, de Gause, du Perche, de L’Isle-Jourdain, de Porhoët, de Pardiac et de Guînes, vicomtesse de Limoges, de Béarn, de Tartas, de Lomagne, de Maremne, de Fézensaguet, de Dax, de Brulhois, de Cressey et d’Auvillars, baronne de Castelnau, de Caussade et de Montmiral, dame de La Flêche, de Baugé, de Nérac, de Sully, de Craon, de La Chapelle des Aix-dam-Gilon, d’Argent, de Clermont, de Villezon, d’Orval, d’Espineuil, de Château-Meillant, de Montrond, de Bruyères, de Dun-Le-Roi, de Saint-Gondom, de Corberin, de Chalucet, de Sainte-Hermine, de Prahec, de Lussac, de Champagne, de Blois et de Chisay. duchesse de Bourbon, duchesse de Vendôme, duchesse de Beaumont.

Jeanne d’Albret est la Fille unique du roi de Navarre Henri II d’Albret et de Marguerite d’Angoulême, sœur du roi François Ier. Née à Pau en 1528, Jeanne d’Albert fut élevée à la cour sous l’autorité de François Ier et reçut l’éducation classique des jeunes filles de la Renaissance. Héritière du royaume de Navarre, des comtés de Foix et de Bigorre, de la vicomté de Béarn et d’autres possessions, Jeanne d’Albret constituait un enjeu politique de première importance.

Jeanne d’Albret épousa en secondes noces Antoine de Bourbon, duc de Vendôme. À la mort de son père en 1555, elle deviendra reine de Navarre. Un an plus tard, Jeanne se convertit au calvinisme et s’impose peu à peu à un mari inconsistant qui, à la tête de l’armée royale, trouvera la mort devant Rouen en 1562.

Libérée de ce personnage débonnaire, Jeanne d’Albret impose le calvinisme à ses États. Son fils, Henri de Navarre, le futur Henri IV, grandit dans la religion réformée dont il s’imprégnera mais dont il saura aussi se défaire intelligemment plus tard dans un sursaut de réconciliation nationale exemplaire et salvateur.

Ardente chef politique du parti protestant, Jeanne se résigne difficilement à la paix de Saint-Germain avant d’accepter de négocier, en signe de réconciliation, le mariage de son fils avec Marguerite de Valois qui aura les conséquences tragiques de la Saint-Barthélémy que l’on connait. Jeanne d’Albret s’éteint à la cour en 1572, probablement de tuberculose ou peut-être empoisonnée. Les historiens essaient, encore aujourd’hui, de trouver une explication mais ils trouvent cela très moyé.

Vautour fauve

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Gyps fulvus. Grands Causses, France.

Ubi pecora, ibi vultures comme disaient les anciens (partout où il y a du bétail, il y a des vautours). Ce vieil adage de la Rome Antique, à lui tout seul, en dit long sur ce rapace de la famille des accipitridés.

Le vautour fauve est un nécrophage spécialiste de l’élimination des cadavres. Il est doté d’une anatomie prévue pour charogner : long cou couvert de duvet se nettoyant facilement et lui permettant de fouiller efficacement les carcasses, bec crochu très puissant lui permettant de découper les cuirs épais. En revanche, contrairement à l’aigle royal, les serres du vautour fauve sont peu puissantes, dépourvues de griffes et donc non adaptées à la préhension de proies. Enfin, son système digestif unique capable de digérer de la viande pourrie fait du vautour fauve un excellent terminal bactériologique nettoyant les montagnes des carcasses.