Leur république finissante

république
Portrait de Marianne après 150 ans de mauvais et déloyaux services.

Contrairement aux droits des pouvoirs absolus, les droits de la république commencent au seuil de chacun de nous. Elle sait bien qu’elle est trop anti-française pour gouverner sans une inquisition de tous les instants. Elle ne s’en cache même plus. Il y a longtemps qu’elle a renoncé à ses premières hypocrisie ; jacobins, « droitards » ou socialistes, tous veulent supprimer de leur programme cette liberté avec laquelle ils hameçonnent les foules et qui n’a d’ailleurs jamais existé que dans leurs mensonges et sur leurs monuments. Occuper à surveiller chaque citoyen dès la petite école, à exercer sa tyrannie sur tous les fonctionnaires, prétendant imposer sa doctrine, à l’exclusion des autres, et contrôler notre fortune, nos mœurs, notre pensée, l’État républicain qui veut être tout à la fois, professeur, médecin, hygiéniste, prêtre, censeur, l’État républicain qui prend la place du père en lui arrachant l’éducation de ses enfants, et qui demain (il faut s’attendre de sa part à toutes les folies), sera peut-être nourrice et bonne d’enfants, l’État républicain n’a vraiment pas le loisir d’être simplement lui-même, de remplir ses fonctions d’État, c’est à dire de veiller aux intérêts généraux, à la puissance et à la gloire du pays.

Le pourrait-il qu’il ne le voudrait pas. Très intéressé quand il s’agit de sa propre fortune, il est vraiment d’une générosité sans bornes quand il s’agit de la fortune du pays. L’État républicain n’est pas français, il est humanitariste et international ; ce n’est pas un chef, c’est un apôtre. S’il veille avec un certain bon sens à ses propres affaires, il oublie, dès qu’il a fermé son tiroir-caisse, les passions humaines, il parle des « tournants de l’histoire (?) », de la « fraternité universelle », de la « paix générale ». Toutes les niaiseries sentimentales des sanguinaires jacobins lui reviennent à la mémoire. Ses actes publics sont la revanche de sa vie privée.

Le républicain est « intellectuel », il est savant comme il est libertaire : en paroles seulement. Soyons donc persuadés qu’il se montre d’autant plus dangereux qu’il pense davantage à sa propre vision du bien public, car son « bien public » est ce qu’il y a de plus contraire aux intérêts de la race. Pour lui, le bien public c’est, par exemple, la suppression de l’armée et plus d’une fois il a cherché à réaliser ce rêve.

Ce sera le grand œuvre de la royauté que de remettre l’armée en honneur en la rendant aux soldats et aux Français. de même, elle rendra au pays réel ces grands corps de l’État qui ne peuvent appartenir qu’à des Français : la magistrature, la Justice, l’Université. La république humanitaire a pu confier à des étrangers qui ignoraient notre langue et notre esprit le soin d’instruire nos enfants ; la monarchie nationale veillera sur le trésor de notre pensée comme elle veillera sur nos autres biens. Sur l’argent qui sert aujourd’hui à la propagande jacobine, aux écoles révolutionnaires et aux dilapidations privés, elle trouvera un traitement digne pour le professeur et l’officier, ces premiers serviteurs de la patrie, auxquels la généreuse république n’alloue même pas les gages d’un dernier commis de nouveautés.

Certes le dessein de la Monarchie est vaste. Il n’a rien pourtant que de réalisable, parce qu’il n’a rien non plus que de raisonnable. Les deux axiomes qui le résument, l’Autorité en haut – les libertés en bas, ne sont-ils pas la condition même du bonheur des individus et de la forme d’une société ? La république donne aux êtres des libertés inutiles et leur refuse les libertés nécessaires. La république a la tyrannie sociale et l’indifférence politique des pouvoirs menacés, la république méprise le mérite personnel et ne favorise chez ses serviteurs que le fanatisme… La Monarchie n’a donc qu’à prendre partout le contre-pied de la Bête Immonde pour être assurée d’être dans le droit chemin.

Puissions-nous, mes chers amis, voir bientôt s’accomplir le bienfait de la royauté. Quoique la folie soit contagieuse, j’ai encore l’espoir que les deux ou trois mille fanatiques (ils ne sont pas plus), qui essaient d’entrainer la France à leurs insanités et à leurs chimères, ne triompheront pas du bon sens de notre race. Ah ! Le beau jour où nous pourrions, en plein Paris, avec tout le peuple enfin désabusé, pousser le vieux cri de nos ancêtres : « Vive le Roi ! »

Extrait d’une lettre adressée par Hugues Rebell à Charles Maurras et publiée dans l’Enquête sur la Monarchie (1901).

 

« Non seulement il ne vaut pas la peine de désirer une pareille république, mais il importe de la haïr comme le plus dangereux des pièges tendus à la France par nos ennemis du dehors et du dedans. Son rêve peut flatter l’imagination par un air résigné et conciliateur. Mais ce n’est rien qu’un rêve, médiocre en lui-même et, par ses conséquences, fou. Personne n’a le droit d’exposer la patrie pour un conte bleu. Il faut que les Français puissent s’en rendre compte. Disons-le leur, et rudement, pour qu’on ne les voie plus s’asseoir ni hésiter à ce carrefour de l’action. » Charles Maurras

 

 

 

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