Ligue du Bien Public (mars – octobre 1465)

 

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Ci-dessus, Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol chevauche avec l’avant-garde du comte de Charolais à la bataille de Montlhéry (16 juillet 1465). Ses armoiries se blasonnent ainsi : d’argent au lion de gueule, armé, lampassé et couronné d’or.

De mars à octobre 1465, le royaume de France est à nouveau le théâtre d’un soulèvement des grands féodaux. Cette fois-ci c’est le roi de France Louis XI qui doit faire face à une coalition de princes révoltés contre l’accroissement de ses pouvoirs.

Le bourguignon Charles comte de Charolais et fils du duc de Bourgogne Philippe le Bon prend la tête de l’insurrection avec à ses côtés Charles de France, duc de Berry et frère de Louis XI ; Jean II, duc de Bourbon ; François II, duc de Bretagne ; Jean de Calabre, duc de Lorraine ; Jean V, comte d’Armagnac ; Antoine de Chabannes ; Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol ou encore Jean de Dunois, bâtard d’Orléans et ancien compagnon d’armes de Jeanne d’Arc.

Pour ces princes en colère, il s’agit d’obliger le roi à leur faire une place plus importante dans le gouvernement du royaume et dans les revenus du roi – vieille revendication. Mais le but de guerre de Charles de Charolais est plus évident, il veut recouvrer les places Picardes que la crédulité de son père Philippe a vendues au roi Louis XI quelques années auparavent. Mais le Charolais annonce aussi, parmi ses buts de guerre, le soulagement du « pauvre peuple » par la suppression des impôts, vieille ficelle de la propagande bourguignonne déjà usée par le grand-père Jean sans Peur pour amadouer le peuple de Paris au début de ce XV ème siècle.

Le 16 juillet 1465, lors de la bataille de Montlhéry, l’armée royale de Louis XI tente d’empêcher la jonction des forces de la Ligue du Bien Public. Mais la bataille est confuse et son issue indécise puisque chaque camp revendiqua la victoire. Peu de temps après, Louis XI entre dans Paris et une parodie de siège est mise devant la ville par les féodaux. Louis XI parvient à s’enfuir et à se réfugier à Rouen d’où il envoie à Paris des provisions ainsi que des renforts armés.

Les deux camps ne sachant trop comment en finir, Louis XI en profita pour jouer sa carte favorite : la ruse. Il feignit de s’incliner, fit des concessions aux grands seigneurs et signa trois traités de paix (Conflans, Saint-Maur et Caen). La Ligue du Bien Public fut ainsi dissoute. Bien évidemment, Louis XI – l’Universelle Aragne – ne respecta aucunement les concessions qu’il promit ni même les clauses des traités qu’il signa…

 

 

 

 

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Marchand de chapeaux

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« Qui n’a pas son chapeau ?! » Paris, vers 1810.

Petit métier d’antan, le marchand de chapeaux était un marchand de type ambulant qui vendaient, dans les rues, des couvre-chef à la criée. Les affaires étaient florissantes car rares étaient les individus qui sortaient tête nue pour vaquer à leurs activités.

 

Anne-Marie-Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier (1627 – 1693)

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La Grande Mademoiselle. D’après la statue de Camille Demesmay de la série Reine de France et Femmes illustres du jardin du Luxembourg. Paris 6.

Anne Marie Louise d’Orléans, duchesse de Montpensier, celle qu’on avait pris pour habitude de surnommer la Grande Mademoiselle, est la fille de Gaston d’Orléans frère de Louis XIII, et de Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier. Elle est donc aussi, en toute logique, la petite fille d’Henri IV.

En son temps, la duchesse de Montpensier comptait parmi les princesses les plus riches d’Europe et c’est cette grande aristocrate de premier plan qui, au milieu de son siècle, prit une part active à la révolte nobiliaire que les historiens baptisèrent la Fronde.

Le 2 juillet 1652, alors qu’un violent combat faisait rage aux abords de Paris, dans le faubourg Saint-Antoine, opposant l’armée royale, emmenée par Turenne, et l’armée des frondeurs, commandée par Condé, la duchesse de Montpensier fit donner le canon sur les forces royales ainsi que sur les hauteurs de Charonnes d’où Louis XIV et Mazarin observaient la scène. Dans le même temps, la duchesse de Montpensier fit ouvrir la porte Saint-Antoine aux débris de l’armée des princes qui put trouver refuge dans Paris.

Si Condé avait pu s’entendre avec les parlementaires et avec Gaston d’Orléans et profiter de l’avantage décisif que lui donnait l’occupation de la capitale, la Fronde eût pu prendre une autre tournure.

Mais cette erreur coûta la couronne de France à la duchesse de Montpensier. En effet, malgré la forte consanguinité de la duchesse avec Louis XIV, Mazarin avait sérieusement envisager de l’unir au jeune régent.

Finalement exilée dans sa lointaine terre de Saint-Fargeau, la duchesse de Montpensier ne fut réintégrée à la cour du roi qu’en 1657.

Plus tard, la duchesse tomba amoureuse du futur duc de Lauzun. Mais l’union qui résulta de ce mariage ne fut point heureuse, le duc se lassa très vite de la duchesse de Montpensier et le couple se sépara en 1685. Il faut dire que malgré l’immense fortune de la duchesse, son avarice légendaire ne contribuait pas à lui attirer la sympathie. Cette séparation provoqua l’un des plus grands scandales que la cour ait connu.

Durant les dernières années de sa vie, c’est à la dévotion la plus complète que la Grande Demoiselle se consacra avant de s’éteindre à Paris en 1693.

Septième croisade (25 août 1248)

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Départ pour la septième croisade, Aigues-Mortes, 25 août 1248.

C’est le 25 août 1248 que la flotte de croisés emmenée par Louis IX appareilla d’Aigues-Mortes. Les préparatifs étaient enfin terminés et les vents étaient favorables. Les croisés entonnèrent le « Veni, creator spiritus », et toutes les voiles furent déployées derrière la Montjoie, nef sur laquelle avaient embarqué le roi Louis IX ainsi que son épouse Marguerite de Provence, ses parents et cousins ainsi que tout ses plus fidèles chevaliers. En l’absence de Louis IX, c’est Blanche de Castille sa mère qui administra sagement le royaume de France.

De Marseille, de Toulon, d’Agde, de Sète, de tous les ports méditerranéens, des phalanges guerrières croisées prirent la mer. Il était convenu que toutes ces troupes armées se retrouvent à Chypre pour y opérer la concentration des forces. On trouvait alors des chevaliers Templiers, Hospitaliers, une chevalerie chypriote, une chevalerie franque de Syrie, des chevaliers français bien sûr mais aussi des chevaliers anglais. En tout, plus de 2800 chevaliers et 35 000 hommes.

Louis IX et ses croisés hivernèrent à Limassol (Chypre) puis reprirent la mer. Une violente tempête dispersa les deux tiers de la flotte. Malgré cela, les premières nefs arrivèrent en vue de Damiette (Égypte) le 5 juin 1249. Ils débarquèrent prestement et s’emparèrent de Damiette et ses remparts aux 28 tours après un combat acharné.

Bataille de Cassel (23 août 1328)

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« Qui m’aime me suive. » Philippe VI de Valois, bataille de Cassel, 23 août 1328. D’après un tableau de Henry Scheffer.

Août 1328, les flamands des communes, avides d’indépendance, se sont à nouveau insurgés, cette fois-ci contre leur seigneur le comte de Flandres Louis de Nevers à qui l’on reproche d’être rallié au roi de France Philippe VI de Valois. Bourgeois de Bruges, artisans, tisserands et paysans ne supportent plus la tutelle française.

Peu après son couronnement en la cathédrale Notre-Dame de Reims, Philippe VI de Valois décide d’une expédition punitive pour mater les révoltés flamands. Ce n’est pas la première fois qu’une telle expédition est organisée contre ces maudits flamands belliqueux et peu enclin à la tutelle française. On se souvient ainsi de la bataille de Courtrai en 1302 au cours de laquelle l’élite de la chevalerie française fut découpée au couteau par les tisserands flamands.

Philippe VI va quérir l’oriflamme en la basilique Saint-Denis et convoque l’ost royal à Arras en juillet.

Les insurgés flamands se sont réfugiés sur le Mont Cassel d’où ils voient l’armée française se déployer et leurs villages brûler. Après quelques escarmouches, Philippe VI, paré d’azur semé de fleurs de lys d’or, regroupe ses chevaliers et lance une contre attaque dans le plus pur esprit de la chevalerie médiévale, se mettant lui-même à la tête des troupes. Depuis la mort de Saint Louis sous les remparts de Tunis, on avait perdu l’habitude de voir le roi s’exposer ainsi dans les combats.

Sous le cri de ralliement royal « Qui m’aime me suive » la charge est donnée. La charge de chevalerie française entoure les insurgés flamands, les contraignant à former un cercle au coude coude et leur interdisant ainsi tout repli. À bout portant, arcs et frondes des flamands deviennent inefficaces et très vite c’est le carnage.

Les chevaliers de Philippe VI font voler les têtes du tranchant de leurs épées. C’est une hécatombe, pas un flamand n’en réchappe. Cassel est incendié, Ypres et Bruges se soumettent. Louis de Nevers reprend le contrôle du comté et Philippe VI tire de cette victoire tout le prestige que mérite un roi chevalier.

Louis X de France dit le Hutin (1289 – 1316)

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Louis X le Hutin couronné le 24 août 1315 en la cathédrale de Reims.

Douzième régent de la dynastie des Capétiens directs, Louis X, surnommé le Hutin, c’est à dire le querelleur, est le fils aîné du roi de France Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre, Jeanne Ier dont il héritera d’ailleurs de la couronne en 1305 suite au décès de cette dernière.

À la fin du règne de son père Philippe, Louis assista au procès des Templiers ainsi qu’à la condamnation de son épouse Marguerite et de ses deux belles sœurs, toutes trois accusées d’adultère avec les écuyers d’Aunay.

Devenu roi de France en novembre 1314 après la mort accidentelle de son père, il commandita l’assassinat de sa femme Marguerite de Bourgogne alors détenue dans la forteresse de Château-Gaillard en Normandie pour adultère. Ceci afin d’épouser Clémence de Hongrie, qui ne lui donna qu’un fils posthume (Jean Ier) mort au bout de quelques jours.

Le court règne de Louis X le Hutin (environ un an et demi) fut essentiellement marqué par la réaction des grands féodaux contre une monarchie de plus en plus puissante. Grands féodaux qui vivaient fort mal leur mise à l’écart au profit de juristes, de légats et de conseillers de modeste origine dans la conduite du gouvernement. Face à cette réaction féodale, Louis X le Hutin fit de nombreuses concessions pour calmer la colère des nobles, faisant ainsi reculer le pouvoir royal que Louis IX et Philippe IV le Bel s’étaient durement employés à raffermir.

Il est à noter que Louis X le Hutin rappela les juifs chassés du royaume par son père et décida la libération des serfs, à titre onéreux.

En outre, Louis X le Hutin était mal portant, d’une nature maladive. En juin 1316, à Vincennes, alors qu’il venait de disputer une partie de jeu de paume sous une chaleur accablante, Louis but du vin glacé et fut subitement pris d’un malaise. Il décéda dans les jours qui suivirent.

Ce règne, pour le moins très court et sans panache, ne prête guère au développement. L’itinéraire pitoyable de ce prince mort sans gloire à 27 ans annonce déjà, avec les règnes tout aussi éphémères de ses frères cadets Philippe puis Charles qui s’ensuivront, la fin de la dynastie des Capétiens directs. Ces épisodes et ces règnes peu glorieux de l’Histoire de France ont donné lieu à une interprétation romancée signée Maurice Druon : les Rois Maudits.

Marguerite de Provence (1221 – 1295)

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Marguerite de Provence d’après une statue de Honoré-Jean-Aristide Husson située aux Jardins du Luxembourg, Paris 6 ème.

Fille de Raymond-Bérenger IV comte de Provence et de Béatrice de Savoie, Marguerite de Provence est née à Forcalquier en 1221. Elle épouse le roi de France Louis IX dit Saint Louis en la cathédrale de Sens à l’âge de 13 ans et devient ainsi reine de France.

On racontait que sa beauté charmait les troubadours catalans d’Avignon et le troubadour Rambaud d’Orange.

Marguerite de Provence suivit pendant six ans son époux Louis IX à la septième croisade en 1248.

Peu désireux de voir les intérêts de la maison de Provence interférer dans les affaires du royaume de France, Louis IX prendra un soin tout particulier d’écarter son épouse du pouvoir. Il faut dire que la gestion du royaume de France était chose trop délicate et trop précieuse pour être laissé tomber en quenouille dans les mains d’une quelconque donzelle. Les lys ne filent point !

En 1270, lors de la huitième croisade, Louis IX s’éteignit sous les remparts de Tunis. Marguerite de Provence lui survivra encore vingt-cinq ans et mourra en Anjou en 1295 après lui avoir donné 11 enfants dont 3 naquirent durant la septième croisade.