Saint-Barthélémy (24 août 1572)

Saint-Barthélémy
Vive le duc de Guise ma mère ! Vive le duc de Guise ! Servir la France est sa devise, vive le duc de Guise !

C’est dans les rues de Paris que s’est déroulé cet épisode des guerres de religion à la fin du XVI ème siècle. Il est la conséquence d’un enchevêtrement complexe de facteurs multiples.

La paix de Saint-Germain-en-Laye, d’abord, qui met fin à la troisième guerre de religion le 8 août 1570 mais duquel les catholiques ressortent lésés et les huguenots grandis.

Le mariage entre Henri de Navarre (protestant) et Marguerite de Valois (catholique) le 18 août 1572, vécu comme une insulte pour le petit peuple catholique de Paris.

Puis, la tentative manquée d’assassinat de l’amiral de Coligny (ardent protestant) par tir d’arquebuse et commandité par les Guise le 22 août 1572. Coligny s’en sort avec une blessure à la main mais le sentiment du travail bâclé est vif. Le 18 février 1563, le huguenot Poltrot de Méré n’avait pas manqué sa cible lorsqu’il assassina lâchement le catholique François Ier de Guise.

Coligny, ayant acquis trop d’influence sur le jeune roi Charles IX, projetait d’intervenir militairement aux Pays-Bas espagnols afin d’y créer un climat de haine et de violence à l’égard des catholiques. Il était temps d’en finir avec la machination protestante.

Le mariage du huguenot Henri de Navarre et Marguerite de Valois avait rameuté dans le Paris catholique des milliers de nobles et de bourgeois protestants venus de toute la France pour assister à l’union de leur seigneur. Leur comportement dans la capitale est tout bonnement exécrable : irrespectueux, bruyants, provocateurs, insultants, débauchés et humiliants… Paris catholique est bien bonne mais il ne fallait pas pousser. La capitale est alors au bord de la guerre civile entre les partisans des Guise et les huguenots. Paris catholique allait se mettre en colère pour de bon…

Aux vues des circonstances, le conseil royal se réunit au Louvre dans la nuit du 24 août et décida de procéder à une justice extraordinaire, mais saine, par l’élimination des chefs protestants, exceptés Henri de Navarre et le Prince de Condé.

Sous l’influence des Guise, le débonnaire Charles IX signa l’arrêté. Le commandement des opérations de maintien de l’ordre fut confié au duc de Guise et à son oncle, le duc d’Aumale.

Les nobles protestants, alors logés au sein même du Louvre, furent évacués du palais et furent méthodiquement éliminés dans la cour carré du Louvre. On comptait parmi eux : Pardaillan, Saint-Martin, Armand Clermont de Piles, Saint-Jean d’Angely, Beaudiné, Puy Viaud, Berny, Quenellec Baron du Pons.

Par la suite, les troupes de Guise traversèrent les eaux pour gagner les faubourgs de Saint-Germain-des-Prés pour éliminer le reste des nobles protestants qui y logeaient. Ceci constituait le deuxième acte de l’opération de maintien de l’ordre.

C’est vers 4h du matin que tout bascula. Le tocsin de l’église Saint-Germain l’Auxerrois réveilla le tout Paris catholique qui sortit dans les rues armés pour prêter main forte aux troupes du duc de Guise. Dans cet acte de bravoure, la corporation des bouchers de Paris s’illustra merveilleusement.

Peu de protestants parvinrent à s’échapper car Charles IX avait ordonné la fermeture complète de la ville et l’opération de maintien de l’ordre put se poursuive plusieurs jours après malgré les appels au calme lancés par Charles IX. Les maisons des protestants furent pillés et les cadavres dénudés et jetés dans la Seine.

Le cadavre de l’amiral de Coligny fut retrouvé par la foule qui l’émascula et le jeta dans la Seine où il pourrit pendant trois jours avant d’être croché au gibet de Montfaucon.

Le 26 août, Charles IX tint un lit de justice où il endossa la responsabilité des chefs de guerre protestants. Le mouvement fit tâche d’huile et se propagea dans de nombreuses villes de province comme à Rouen, Chartres, Évreux, Angers, Orléans, Amiens

À Paris, le nombre de morts (souvent exagéré) ne dépasse pas 3000 et l’événement fut même célébré par le pape Grégoire XIII qui fit chanter un Te Deum. Une médaille à l’effigie du souverain pontife fut même frappée afin de marquer l’épisode. Philippe II d’Espagne fit part de sa satisfaction en déclarant : « C’est le plus beau jour de ma vie ».

Aujourd’hui, l’histoire officielle véhicule bon nombre de mensonges et d’affabulations à l’égard de cet événement qui permit à la France de demeurer catholique. La rumeur selon laquelle Charles IX aurait tiré à l’arquebuse sur les protestants depuis un balcon du Louvre est aussi fausse que grossière. La rumeur selon laquelle l’épisode aurait été prémédité est évidemment fausse également. Il ne s’agissait que d’une réaction de défense populaire et spontanée face à un climat de terreur et de peur instauré dans Paris par la présence des protestants suite au mariage d’Henri de Navarre et de Marguerite de Valois…

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