Louis de Salgues de Lescure (1766- 1793)

Louis de Salgues de Lescure
« Y a-t-il cents hommes assez braves pour venir périr avec moi ? » Louis de Salgues de Lescure à la bataille de Tiffauges, 19 septembre 1793.

Louis de Salgues de Lescure est l’un des grands généraux de l’armée Catholique et Royale qui dirigea la contre-révolution lors des guerres de Vendée. Aux côtés d’Henri de la Rochejaquelein, il fut aussi l’un des puissants défenseurs de Louis XVI et de sa famille lors de la prise des Tuileries le 10 août 1792 avant de se retirer dans son château de Clisson où il accueillit bon nombre de ses parents et amis qui fuyaient Paris et la dictature jacobine.

En mars 1793, les paysans du Poitou, déjà blessés dans leur foi religieuse, inquiets face à la persécution que subissaient les propriétaires terriens, se trouvèrent à leur tour lésés par un recrutement militaires de trois cent mille hommes décrété par la république. Aucun d’entre eux ne voulut partir et ils s’insurgèrent. Leur première pensée fut d’aller quérir leurs seigneurs afin que ceux-ci puissent les diriger.

À ce moment précis, Lescure, avec toute sa famille, avait été arrêté et emmené en prison à Bressuire par les autorités républicaines. Les paysans de cette bourgade, qui vénéraient grandement Louis de Salgues de Lescure, n’eurent d’autre désir que d’aller le délivrer. Quelques jours après l’arrestation de Lescure, Bressuire fut pris par les paysans vendéens, les républicains chassés, Lescure délivré et immédiatement intégré au commandement de l’armée Catholique et Royale dont il fut l’un des tout premiers chefs. Dès lors, Louis de Salgues de Lescure prit une part très active aux entreprises et aux dangers de cette vaste insurrection royaliste.

Mais peu avant le désastre de la bataille de Cholet (octobre 1793), Louis de Salgues de Lescure fut grièvement blessé d’une balle dans la tête lors de la bataille de Tremblay. Porté agonisant par ses hommes, Lescure franchit la Loire et suivit la marche pénible des vendéens à travers l’Anjou, le Maine et la Bretagne. Après une longue agonie marquée par d’atroces souffrances héroïquement supportées, celui qu’on surnommait « le Saint du Poitou » rendit son âme à Dieu dans la voiture qui le transportait, au lieu dit Les Besnardières, près de la Pellerine, le 4 novembre 1793. « J’ai toujours servi Dieu avec piété. J’ai combattu et je meurs pour lui. » furent ses derniers mots. Il fut enterré dans un lieu qui est resté inconnu. Sans doute afin d’épargner à sa dépouille les outrages et les profanations républicaines dont celle de Bonchamps avait déjà fait l’objet. La France se souviendra de lui comme l’un des plus valeureux résistants au totalitarisme républicain et à la chienlit socialiste anti-chrétienne.

« M. de Lescure avait une bravoure qui ne ressemblait pas à celle de son cousin; elle ne l’écartait jamais de son sang-froid accoutumé; et même, lorsqu’il se montrait téméraire, il ne cessait pas d’être grave et réfléchi. Il était l’officier le plus instruit de l’armée. Toujours il avait eu du goût pour les études militaires, et s’y était livré avec zèle. Il avait lu tous les livres de tactique. Lui seul entendait quelque chose à la fortification; et quand on attaquait les retranchements des républicains, ses conseils étaient nécessaires à tout le monde. Il était aimé et respecté mais on lui trouvait de l’obstination dans les conseils. Pour son humanité, elle avait quelque chose d’angélique et de merveilleux. Dans une guerre ou les généraux étaient soldats et combattaient a corps à corps, pas un homme n’a reçu la mort de la main de M.Lescure; jamais il n’a laissé périr ou maltraiter un prisonnier, tant qu’il a pu s’y opposer, même dans un temps ou les massacres effroyables des républicains entraînaient les plus doux de nos officiers à user quelquefois de représailles. Un jour, un homme tira sur lui à bout portant; il écarta le fusil et dit “Emmenez ce prisonnier.” Les paysans indignés le massacrèrent derrière lui. Il se retourna et s’emporta avec une colère que jamais on ne lui avait vue. C’est la seule fois, m’a-t-on dit, qu’il avait proféré un jurement. Le nombre des gens à qui il a sauvé la vie est prodigieux : aussi sa mémoire est-elle chérie et vénérée de tous les partis dans la Vendée. De tous ceux qui se sont illustrés dans cette guerre, aucun n’a acquis une gloire plus pure. MM. de La Rochejaquelein et de Lescure étaient unis comme deux frères ; leur noms allaient toujours ensemble ; leur amitié était célèbre dans l’armée. Avec un caractère différent, ils avaient la même simplicité, la même douceur, la même absence d’ambition et de vanité. Henri disait : “Si nous rétablissons le roi sur le trône, il m’accordera bien un régiment de hussards.” M. de Lescure ne formait pas des souhaits moins modestes. » Extrait des mémoires de Victoire de Donissan de la Rochejaquelein.

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