Bataille d’Azincourt (25 octobre 1415)

Bataille d'Azincourt
Archers gallois à la bataille d’Azincourt, vendredi 25 octobre 1415.

Août 1415, en pleine Guerre de Cent Ans, l’armée anglaise commandée par Henri V de Lancastre débarque au lieu-dit du Chef-de-Caux, près d’Harfleur, avec pour projet de marcher sur Paris.

Les anglais mettent d’abord le siège devant Harfleur, une place forte bien défendue qui verrouille l’estuaire de la Seine. Mais au bout d’un mois et demi de siège, faute de renfort, Harfleur est prise par les anglois qui s’assurent ainsi une tête de pont en Normandie.

Mais le siège a été couteux en hommes pour l’armée anglaise et Henri V juge désormais la saison trop avancée pour marcher sur Paris. D’autre part, la dysenterie fait son apparition dans les rangs de l’armée anglaise. Par conséquent Henri V préfère renoncer à Paris et replie son armée très affaiblie vers Calais (possession anglaise depuis 1348) afin de rembarquer pour l’Angleterre.

Charles VI, Roi de France, convoque alors l’Ost Royal afin de prendre les anglais en chasse. Ost auquel Jean Sans Peur, puissant duc de Bourgogne, refuse de se joindre préférant la neutralité. Le 24 octobre, l’Ost Royal parvient à rattraper l’armée anglaise.

La confrontation a lieu le lendemain dans une clairière située entre les bois d’Azincourt et de Tramecourt (actuel Pas-de-Calais) après une nuit de lourde pluie torrentielle qui transforma le champ de bataille en véritable bourbier particulièrement nuisible à l’armée française principalement composée de chevaliers lourds.

L’armée anglaise est composée d’environ 6000 hommes, principalement archers. Des hommes affaiblis par une longue marche et décimés par la dysenterie. Comme lors de la bataille de Crécy, les archers anglais (mais en réalité principalement gallois) sont placés en première ligne, dans des avancées en forme de coin protégées par des pieux taillés en pointe et plantés dans le sol afin de parer les charges de chevalerie.

De son côté, l’armée française, commandée par le maréchale de Boucicaut et le connétable Charles Ier d’Albret, compte au moins trois fois plus d’hommes. Le nombre de seigneurs et de chevaliers ayant fait le déplacement est colossal à tel point que les nombreuses bannières gênent la vue du corps principal. En outre, les français sont positionnés en contrebas d’une petite colline et tout près d’une rivière devenue torrent avec la pluie : les chevaux et les hommes d’armes pataugent et s’enfoncent dans une boue épaisse qui deviendra leur tombeau. Les chevaliers français, pressés d’en découdre, se disputent les premiers rangs provoquant bousculades et désordre dans l’armée.

Vers 10 heures du matin, après une ultime négociation qui échoua, Henri V fait avancer ses archers d’environ 600 mètres afin d’occuper la partie la plus étroite de la plaine mais aussi pour se positionner à portée de flèche des français.

Oubliant les leçons de Crécy (1346) et de Poitiers (1356), la chevalerie française se lance inconsciemment à l’assaut des lignes anglaises dans un terrain boueux et sous un ciel noirci par des volées de flèches que font pleuvoir les archers anglais. Embourbés et criblés, chevaliers et montures n’atteignent même pas les lignes anglaises et les rares chevaliers qui réussissent à les atteindre viennent s’empaler sur les pieux des archers.

S’ensuit alors une seconde charge de l’avant garde française celle-ci composée de fantassins en armure et dirigée par le connétable en personne. Mais sous le poids de leurs armures, les hommes d’armes de cette avant garde s’enfoncent dans la boue à chaque pas et se heurtent aux cadavres d’hommes et de chevaux qui se sont amoncelés suite à la première charge de chevaliers.

Ces fantassins épuisés parviennent cependant à atteindre les lignes anglaises provoquant alors une furieuse mêlée qui contraint même les anglais à reculer dans un premier temps. Mais les français se retrouvent peu à peu piégés dans un entonnoir, les archers anglais troquent leurs arcs contre des armes de corps à corps et se jettent dans la mêlée. S’en est finie de l’avant garde française qui est taillée en pièce en quelques minutes.

Les rares survivants de cette avant garde ruinée battent alors en retraite et se heurtent, à contresens, à une troisième charge de fantassins français. Les tas de cadavres d’hommes et de chevaux empêchent maintenant toute progression efficace. La confusion est totale, le désastre proche et cette troisième charge connaitra le même sort que les deux précédentes. Il est 17h, la bataille est terminée.

Comprenant que la victoire leur est acquise, les anglais cherchent alors à faire un maximum de prisonnier afin de les rançonner. Mais Henri V, craignant une rébellion de ces prisonniers français bien trop nombreux, donne l’ordre de tous les exécuter.

Le bilan de la bataille est lourd pour les français. Des milliers d’hommes ont trouvé la mort parmi lesquels presque toute la fine fleur de la chevalerie française, le connétable Charles Ier d’Albret ainsi que d’illustres représentants de la grande noblesse de France. D’autres grands nobles furent faits prisonniers, ce fut le cas du célèbre Charles d’Orléans qui profitera de sa longue captivité à Londres pour s’adonner à la poésie, domaine dans lequel il se révèlera être un maître. Les anglais, eux, n’ont perdu qu’une petite centaine de soldats.

Malgré la tristesse de cette ténébreuse défaite qui eut des conséquences dramatiques pour le royaume de France, une poignée de braves hommes profitèrent de la fin des combats pour s’auréoler d’un audacieux coup de main. En effet, Ysembart, seigneur d’Azincourt, Rifflart de Palmasse et Robinet de Bournonville, à la tête d’environ 600 paysans, s’attaquèrent en douce aux bagages de l’armée anglaise. Ils s’emparèrent de l’épée royale, d’une couronne d’or, des sceaux royaux ainsi que d’une grande partie du trésor royal anglais.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s