Bataille de Courtrai (11 juillet 1302)

Bataille de Courtrai
Bataille de Courtrai, mieux connue sous le nom de Bataille des Éperons d’Or.

Dans la Flandre médiévale, foulons, drapiers et tisserands avaient mis sur pied une formidable industrie textile qui fit la renommée et surtout l’incroyable prospérité de la Flandre, alors province du nord du royaume de France. Cette activité textile dense utilisait une laine importée d’Angleterre et ces échanges commerciaux entre anglais et flamands avait permis de tisser des liens étroits entre les deux peuples.

Mais la Flandre médiévale était un comté dont l’organisation politique s’articulait sur l’indépendance des Communes (Lille, Bruges, Ypres, Bruxelles, Gand…) dont la puissance était symbolisée par le traditionnel beffroi. Par ailleurs, les flamands constituaient un peuple très indépendant, insoumis et très hostiles aux impôts et lourdes taxes que levait le roi Philippe le Bel sur leurs activités textiles florissantes.

Ainsi, au début du XIV ème siècle, les flamands se soulevèrent face au pouvoir royal. Le comte de Flandres, Gui de Dampierre, qui avait pris le parti des tisserands, foulons et autres drapiers, fut attiré et emprisonné à Paris. Après les premières émeutes qui éclatèrent à Bruges (Matines brugeoises) les rebelles flamands tenaient tout le pays à l’exception de Cassel et Courtrai.

Immédiatement, Philippe le Bel convoque l’ost royal pour une expédition punitive qui sera emmenée par le comte Robert d’Artois.

Le 8 juillet, les deux armées sont face à face mais les forces en présence sont déséquilibrées. Les troupes flamandes, essentiellement composées de tisserands et donc légèrement armées, sont au nombre d’environ 8000 hommes à pieds. On les appelle les Klauwaerts. Ils sont assistés par des milices Namuroise et Zélandaise et ont pris position sur une plaine marécageuse bordée par la Lys et un fossé en demi-lune spécialement creusé pour l’occasion. Les français sont au nombre d’environ 10 000 hommes. L’ost est composé de nombreux archers et arbalétriers ainsi que de fantassins mais surtout de toute la chevalerie française impatiente de châtier ces flamands rebelles. On retiendra par exemple la présence de preux chevaliers tels que Gaucher de Châtillon, Godefroi de Brabant, Raoul de Nesles, le comte Robert d’Artois, les comtes Normands d’Eu et d’Aumale, le comte de Saint-Pol Gui de Châtillon…

C’est au matin du 11 juillet que les hostilités éclatent. L’affrontement démarre par de vifs échanges de flèches et de carreaux d’arbalètes qui donnent, dans un premier temps, l’avantage aux français. Mais la chevalerie française, impatiente d’en découdre, se lancent avec précipitation dans une charge brouillonne qui va tourner au désastre. En effet, les chevaliers, n’ayant que peu d’espace pour manœuvrer, vont tomber dans le fossé ou s’embourber dans les marécages.

Les chevaliers en armure trop lourdement armés ne peuvent s’extraire de ce bourbier et les flamands, peu au fait des us et coutumes de la guerre, vont se ruer sur les hommes de fer immobilisés dans la boue afin de les découper au couteau directement dans leurs armures sans chercher à faire de prisonnier.

L’armée française compte ses morts par milliers et voit la fine fleur de sa chevalerie décimée là où les flamands n’auraient pas perdu plus d’une centaine d’hommes. Plus de 60 comtes et barons français trouvèrent la mort à Courtrai.

Victorieux, les flamands ramenèrent, en guise de trophée, les éperons d’or des chevaliers français morts au combat. Ces éperons orneront pendant longtemps l’église Notre-Dame de Courtrai jusqu’à ce que la France les récupère et les installe à Dijon.

Pour les flamands, cette victoire voit naitre le début d’un sentiment national fort et par la suite, Gui de Dampierre de retour de Paris reprend la tête de son comté et organise le mouvement de libération qui gagnera toutes les grandes Communes de Flandres.

Cette victoire flamande a acquis une telle valeur symbolique qu’aujourd’hui, les flamands ont adopté le 11 juillet, jour anniversaire de la bataille, comme date de la fête annuelle de la communauté flamande de Belgique.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s