Supplice de Poltrot de Méré (18 mars 1563)

Supplice de Poltrot de Méré
Les bourreaux commencent par lui déchirer la peaux des cuisses et des bras avec de belles tenailles qu’ils avaient pris soin de porter au rouge dans un brasier.

Ce 18 mars 1563, à Paris, la foule est beaucoup plus dense que d’habitude sur la place de Grève (actuelle place de l’hôtel de ville) partout on se presse, on s’entasse, on se bouscule et pour cause : c’est aujourd’hui qu’on supplicie le protestant Poltrot de Méré, assassin du bon duc François Ier de Guise. Pour rien au monde le petit peuple de Paris ne manquerait un tel spectacle, d’ailleurs les premiers arrivés seront les mieux placés. En effet, le spectacle tiendra forcément toutes ses promesses car en tant qu’assassin d’un haut dignitaire du royaume de France, les bourreaux s’apprêtent à donner le meilleur d’eux même pour le plaisir des parisiens.

Poltrot de Méré est amené quasiment nu et immobilisé sur une claie. Les bourreaux commencent par lui déchirer la peaux des cuisses et des bras avec de belles tenailles qu’ils avaient pris soin de porter au rouge dans un brasier. La foule apprécie grandement cette entrée en matière d’un genre nouveau mais reste un peu sur sa faim. On en redemande. Premier rappel.

Poltrot de Méré est détaché de sa claie afin que les bourreaux puissent attacher chacun de ses membres à un cheval. C’est l’écartèlement, exercice qui fait appel à toute la finesse et à toute l’expérience des bourreaux : il faut savoir doser la traction des chevaux afin de faire souffrir le huguenot le plus longtemps possible. « Et fouette cocher ! ». Les quatre bourrins tirent à qui mieux mieux, le huguenot hurle, on tire plus fort, il résiste, on tire encore plus fort.

Mais la résistance de Poltrot de Méré est telle que les bourreaux vont bientôt friser le ridicule, la foule commence à gronder. Alors l’un des bourreaux va quérir un long coutelas de boucherie afin de couper quelques ligaments réfractaires et dans un tendre craquement les chevaux parviennent à leur fin. Cerise sur le gâteau, le tronc de Poltrot gigote encore au sol. Dernier rappel. Un bourreaux revient muni de son coutelas pour terminer le travail. Le public est comblé.

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